La France se redécouvre un avenir minier pour réduire sa dépendance à la Chine

L’imaginaire minier appartient au passé de la France, on pense évidemment à « Germinal » de Zola, ou aux nombreux films sur les « gueules noires ». C’est peut-être aussi son avenir.

Non seulement des projets miniers sont en cours de développement en France, mais la guerre des métaux rares qui a pris un tour stratégique dans le monde actuel, donne une nouvelle actualité au sous-sol métropolitain. Passé quelque peu inaperçu dans les annonces d’Emmanuel Macron lundi, le lancement de ce qu’il a appelé un « grand inventaire des ressources minières » françaises.

Il ne s’agit évidemment pas de retourner extraire du charbon -la dernière mine a fermé ses portes en 2004-, mais de chercher les métaux indispensables à la transition écologique, et de réduire la dépendance française et européenne à la domination chinoise du secteur. Les dernières études remontent à plus de quatre décennies, et la technologie a connu de grands progrès.

L’enjeu est donc moins économique que de souveraineté, et la France n’est pas la seule à repenser à développer des mines : toute l’Europe est mobilisée.

Le premier minerai concerné est le lithium, composant essentiel des batteries des véhicules électriques. Une première mine est déjà en développement dans l’Allier, et devrait entrer en production en 2028. D’autres gisements pourraient suivre, en Bretagne et dans l’Est de la France.

Mais ce n’est pas le seul : on sait par exemple qu’il existe des traces de Tungstene et de terres rares, dont la demande explose. Tous les minerais de la transition écologique sont sur la liste de cet inventaire, la question est de savoir s’ils existent en quantité suffisante et exploitable.

L’enjeu est d’abord stratégique. L’Europe se réveille après avoir pendant des décennies délaissé le secteur minier au profit du monde en développement, pour des raisons de coût et de pollution. La guerre en Ukraine et la dépendance au gaz russe ont servi de signal d’alarme, et le monde réalise que la Chine a un grand coup d’avance dans la guerre des minerais.

Les pays européens se sont fixé des objectifs en matière d’approvisionnement en minerais stratégique. Ce plan prévoit que 10% de l’approvisionnement européen doit venir de l’extraction sur le continent d’ici à 2030. 20 autres pour cent devront venir du recyclage ; et enfin les Européens ne devront pas dépendre à plus de 65% d’un seul pays extérieur à l’Union.

Ça peut sembler faible, mais c’est en fait très ambitieux. Car développer une mine en Europe prend des années, et il faudra d’abord parvenir à une acceptation environnementale et sociale des opinions publiques. C’est loin d’être acquis, car l’imaginaire minier n’est pas très adapté aux exigences d’aujourd’hui.

Mais l’Europe n’a guère le choix. Il serait paradoxal que l’on investisse aussi massivement qu’on le fait actuellement dans les usines de batteries électriques à Dunkerque, sans réduire la dépendance aux minerais dont la Chine contrôle l’approvisionnement. Ça mérite un grand débat national : l’inventaire est évidemment le premier pas, pour savoir de quoi on parle…


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