La France veut émettre 285 milliards à moyen et long terme en 2024

L’Etat français va augmenter ses émissions d’obligations en 2024 pour couvrir des besoins de financement en raison d’un recours réduit au solde du compte du Trésor et à une hausse des amortissements de la dette à moyen et long terme, a expliqué mercredi l’Agence France Trésor (AFT). Son programme de financement prévoit 285 milliards d’euros d’emprunts à moyen et long terme (MLT) nets des rachats, après 270 milliards en 2023. Au-delà de ce chiffre record des émissions nettes, l’Agence note que le plafond de la variation nette, appréciée en fin d’année et en valeur nominale, de la dette négociable de l’Etat d’une durée supérieure à un an est fixé à 129,5 milliards. Il avait dépassé 142 milliards avec des besoins de financement record en 2021.

Cette augmentation prévue intervient alors que les besoins de financement de l’Etat devraient reculer de 310,3 milliards en 2023 à 299,7 milliards en 2024. Le projet de loi de finances (PLF) 2024 présenté juste avant par le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, prévoit un déficit budgétaire à financer en baisse de 144,5 milliards d’euros, après 172,1 milliards attendu cette année (164,9 dans la loi de finance initiale, LFI). Mais les échéances de dette MLT à refinancer se monteront à 160,2 milliards d’euros en 2024, en hausse de 10,6 milliards, avec une augmentation des dettes arrivant à échéance (155,5 milliards au lieu de 144,5), notamment des dettes à 10 ans émises après la crise de la dette euro et des dettes à 3 ans émises pendant la crise du covid. Les autres besoins de trésorerie proviennent de l’augmentation des provisions liées à l’indexation sur l’inflation des OATi et OAT€i.

Décotes à l’émission

Du côté des autres ressources, le Trésor compte stabiliser son compte à la Banque de France et ramener à zéro l’utilisation de ses disponibilités dans les ressources de Trésorerie (au lieu de 27,6 milliards cette année). Ses émissions de dettes à court terme (BTF) seront également réduites, de 20 à 7,7 milliards. En 2023, ces dernières ont beaucoup augmenté par rapport aux prévisions pour compenser les décotes à l’émission sur d’anciennes souches – à cause des hausses de taux -, prévues à un niveau de -13,9 milliards, au lieu de +0,5 milliard prévu dans la LFI 2023 (et dans le PLF 2024).

Concernant le coût de la dette, l’AFT indique que le taux moyen pondéré sur les émissions de dette d’Etat à MLT ressort à 2,95% en 2023, à comparer à un taux de 1,43% en 2022, et à des moyennes de 1,16% sur la période 2009-2021 mais de 4,15% sur la période 1998-2008. En conséquence, la charge budgétaire de la dette est prévue à 55,5 milliards en 2023 (au lieu de 51,7 initialement prévu), principalement sous l’effet de la hausse des taux d’intérêt de court terme. En 2024, la charge budgétaire de la dette est prévue à 52,2 milliards d’euros.


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