Douze soldats sont morts au total, jeudi 28 septembre, dans l’ouest du Niger, à la suite d’un enchaînement de circonstances liées à une attaque de djihadistes présumés.
Dans la région de Tillabéri, « une unité de l’opération Almahaou [antidjihadiste] en mission de sécurisation à Kandadji, a été violemment attaquée par plusieurs centaines de terroristes », a annoncé dans un communiqué le ministre de la défense nigérien, le général Salifou Mody, nommé par le régime militaire issu d’un coup d’Etat. Sept soldats sont morts « au combat », a-t-il ajouté.
« Au cours de l’intervention » en réponse à cette attaque, « un tragique accident de circulation a entraîné la perte de cinq de nos valeureux soldats », ajoute le communiqué. Selon le document, sept personnes ont été blessées et évacuées dans un centre hospitalier.
Les motos et l’armement des assaillants « ont été détruits dans la zone de Tijiane », à 20 km au nord-est d’Ayorou, dans la même région, a affirmé le ministre. « Une opération de ratissage est actuellement en cours pour traquer l’ennemi », a-t-il ajouté.
Repaire de djihadistes
Les généraux au pouvoir sont issus d’un coup d’Etat survenu le 26 juillet. Ils ont renversé le président élu Mohamed Bazoum, justifiant leur acte par la « dégradation de la situation sécuritaire ». Le Niger, dans son sud-est, est confronté aux violences djihadistes de Boko Haram et de sa branche dissidente Iswap (Etat islamique en Afrique de l’ouest). Dans l’Ouest, où se trouve la région de Tillabéri, le pays est miné par le même type de violences dans la zone dite des « trois frontières » entre le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Elle est un repaire pour les djihadistes sahéliens affiliés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique.
Mi-août, au moins dix-sept soldats nigériens avaient été tués et vingt blessés dans une attaque de djihadistes présumés perpétrée près de la frontière entre le Niger et le Burkina Faso. Cette attaque était la plus meurtrière connue depuis le coup d’Etat. Selon l’ONG Acled, le nombre de morts dans des attaques djihadistes au Niger a augmenté depuis le coup d’Etat.
Le régime militaire nigérien a demandé le départ des quelque 1 500 soldats français présents sur son sol dans le cadre de la lutte antidjihadiste, qui devraient quitter ce pays sahélien d’ici la fin de l’année, selon Emmanuel Macron. Le président français a annoncé leur départ la semaine dernière, à l’issue d’un bras de fer entre Paris et Niamey. Leur retrait doit « être établi dans un cadre négocié », avait répondu le régime nigérien à cette décision. L’ambassadeur de France au Niger, Sylvain Itté, dont l’expulsion avait été ordonnée par le régime militaire et d’abord refusée par la France, est finalement rentré à Paris mercredi.
Les Etats-Unis, qui disposent de 1 100 soldats au Niger, ont indiqué de leur côté évaluer leurs options quant à un éventuel retrait. Les généraux nigériens cherchent donc des alliés, comme le Mali et le Burkina Faso voisins, également dirigés par des militaires arrivés au pouvoir par un coup d’Etat. Les trois pays ont créé l’Alliance des Etats du Sahel (AES), une coopération de défense.
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