Publié le 29 sept. 2023 à 6:03
Des colos au climat
Après des études de droit, j’ai monté ma première entreprise, Vitacolo, qui visait à améliorer l’accès des enfants porteurs de handicap aux colonies de vacances. Jusque-là, ces enfants étaient généralement exclus des séjours classiques car il fallait un animateur référent pour les accompagner, ce qui avait un certain coût. Avec mon associé Nicolas Sabatier, c’est là que nous avons découvert la puissance de l’entrepreneuriat pour faire bouger les lignes. Nous sommes ensuite partis chacun de notre côté dans l’espoir de gagner assez d’argent pour monter un fonds qui investirait dans des entreprises sociales. Pour ma part, j’ai notamment lancé une entreprise de logiciels de référencement naturel. C’est à ce moment-là que j’ai ouvert les yeux sur les problématiques climatiques.
Le collectif comme levier
J’ai lu le livre de Pablo Servigne, Comment tout peut s’effondrer, j’ai regardé les vidéos de Jean-Marc Jancovici et j’ai voulu arrêter ce que je faisais car cela n’avait plus beaucoup de sens. Je me suis donné un an pour réfléchir et monter ce projet, en l’orientant sur le climat puisque ce sujet avait supplanté celui du social. Avec Nicolas Sabatier, nous n’avons pas attendu de gagner des millions. Les sommes nécessaires pour créer un fonds d’investissement sur le climat sont telles que nous devions voir les choses collectivement. L’idée du crowdfunding est née par nécessité. Depuis la création du fonds en 2019, nous avons levé 24 millions d’euros auprès de plus de 113.000 actionnaires. A l’heure actuelle, nous avons financé, ou quasi financé, neuf innovations. Et nous sommes très libres à l’heure de réaliser nos investissements.
Mehdi Coly (Team For The Planet) : « Il est naïf de penser que la technologie va sauver l’humanité. Mais il l’est tout autant de croire que l’innovation n’a pas sa place dans la lutte contre le changement climatique. »Felix Ledru Pour Les Echos Week-End
Parier toujours sur l’innovation
Il est naïf de penser que la technologie va sauver l’humanité. Mais il l’est tout autant de croire que l’innovation n’a pas sa place dans la lutte contre le changement climatique. Il est impossible de supprimer complètement la climatisation, mais il est possible de faire des climatiseurs qui ne génèrent pas de HFC, des gaz à effet de serre beaucoup plus néfastes que le CO2. C’est ce que fait Leviathan Dynamics, dans lequel nous avons investi. De même, on n’arrêtera pas le transport maritime, mais on peut faire en sorte que les navires polluent moins. C’est pourquoi nous avons investi dans Beyond the Sea, qui développe la traction par kite [voile libre, NDLR].
Aucun dividende financier
Grâce à un processus de sélection collectif, un passage devant notre comité scientifique et des études de marché, nous nous assurons que les innovations dans lesquelles nous investissons ont réellement la capacité de se déployer et d’être rentables. Mais il ne s’agit pas de les essorer pour distribuer des dividendes financiers à nos actionnaires. Nous donnons seulement des « dividendes climat », qui correspondent aux émissions évitées ou séquestrées. Nous avons déjà évité ou capté près de 9.500 tonnes de CO2. Nous avons également changé de nom cette année, de Time for the Planet à Team for the Planet. Grâce à nos 113.000 actionnaires, nous avons développé un réseau puissant, avec des personnes membres des comités exécutifs des grandes entreprises, des dirigeants de PME, d’anciens membres du gouvernement… Nous voulons mettre ce réseau à disposition des entreprises dont nous sommes actionnaires.
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