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La municipalité de Cherbourg (Manche) vient de présenter, mi-septembre 2023, son nouveau Chantereyne, sous forme de destruction-reconstruction. Ainsi, très bientôt, l’ancien bâtiment sera rasé et laissera place à une nouvelle construction qui deviendra le « palais des sports Chantereyne ».
D’après les premières vues d’artistes proposées par le cabinet d’architectes mandaté par Cherbourg-en-Cotentin, nous retrouverons cette fameuse silhouette ondulée qui a fait l’identité du complexe Chantereyne durant des années. Mais à qui devons-nous cette forme iconique ?
Le quartier des loisirs
Dans les années 70, le maire de Cherbourg, le gaulliste Jacques Hébert, dans le cadre de sa politique sociale et sportive, décide de construire un grand complexe sportif sur les terrains de l’Onglet, cette zone à l’époque ingrate dans le prolongement de la rue de l’Onglet.
La Ville désigne l’architecte Paul Vimond, grand prix de Rome, pour réaliser ce projet. Paul Vimond n’est pas inconnu à Cherbourg car il a construit dans les années 60 et 70 de nombreux logements collectifs ainsi que l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul.
Paul Vimond s’attelle alors à bâtir un bâtiment robuste destiné aux sportifs. Le projet est d’importance et attendu par les clubs. Il est conçu pour accueillir la pratique du volley-ball, du basket-ball, du tennis de table, et comprend également une patinoire, ainsi qu’une salle de spectacle à l’étage.
Paul Vimond introduit dans le projet un système de cloisons amovibles entre les salles et une grande porte également amovible au nord du bâtiment, s’ouvrant sur un terre-plein. Ce système a disparu avec le temps, mais dans l’esprit des concepteurs de Chantereyne dans les années 70, l’idée était que le complexe soit ouvert sur l’extérieur afin d’organiser des concours hippiques ou des foires.
Le coût des matériaux explosait… déjà
Tout comme en 2023 avec le futur nouveau palais des sports, le projet des années 70 s’inscrivait dans un projet global qui était présenté comme « le quartier des loisirs ». Le complexe Chantereyne s’appelait initialement « Complexe de l’Onglet » et il s’inscrivait dans la continuité de la piscine, des équipements de plaisance et de la plage, mais également des jardins Napoléon.
Le complexe Chantereyne sort de terre en 1974, soit un an après le premier choc pétrolier. La Ville de Cherbourg et son maire sont alors confrontés à une explosion du coût des matériaux par rapport au budget initial. Le maire UDR-gaulliste de Cherbourg décide de maintenir ce projet, jugé nécessaire au développement de la ville. Cette situation nous rappelle ce que nous vivons actuellement à la suite de la guerre en Ukraine.
Regarder vers l’avenir
Le 23 mai 1975, c’est le grand jour avec l’inauguration du complexe entièrement neuf, qui est l’un des plus modernes de France. On parle même de construire un nouveau casino à côté du complexe.
Pour l’inauguration du nouveau complexe sportif, le maire de Cherbourg, Jacques Hébert, a invité personnellement le préfet de la Manche à couper le ruban. Dans son allocution, monsieur le Préfet a déclaré :
Il y a des cités qui s’endorment sur leur passé, ici à Cherbourg, on regarde vers l’avenir.
La première soirée, les Cherbourgeois viennent en masse pour découvrir le nouvel équipement dans le cadre d’une soirée qui propose un match de basket et du patinage artistique sous le regard de Jean Levallois, journaliste de La Presse de la Manche qui couvre l’événement.
Pour ce complexe, c’était le début de 48 années à faire les beaux jours du sport à Cherbourg et à travers plusieurs générations. Bientôt, ce sera au nouveau palais des sports de prendre le relais de cette histoire dans la continuité architecturale historique.
Nicolas CALLUAUD
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