Une candidature à haut risque
C’est donc dans ce climat politique et sécuritaire particulièrement tendu que le Dr Mukwege a décidé de se lancer dans l’arène politique. Sa candidature est certes souhaitée par ses nombreux soutiens, mais elle inquiète aussi ses proches qui craignent que l’homme ne se retrouve encore plus exposé aux menaces qui pèsent déjà sur sa vie à cause de son activité auprès des victimes de guerre et ses dénonciations régulières de la répression des opposants orchestrée par le régime en place.
Le pari est d’autant plus risqué que les chances de victoire du candidat Mukwege sont minces. Il n’a pas d’appareil de parti pour le soutenir, ses finances sont limitées et – s’il est adulé à Bukavu et relativement célèbre à l’est du pays – il lui manque des relais à l’échelle nationale pour lutter contre la machine électorale du président sortant, Félix Tshisekedi.
Il sera également confronté à d’autres opposants et candidats déclarés à l’élection présidentielle, comme Martin Fayulu, qui prétend toujours être le véritable vainqueur des dernières élections de 2018 ; mais aussi Adolphe Muzito et Augustin Matata Ponyo, deux anciens Premier ministre ; Franck Diongo Shamba, président du Mouvement lumumbiste progressiste ; et enfin Constant Mutamba, qui dirige la Dynamique progressiste de l’opposition.
Il devra probablement aussi composer avec la candidature de Moïse Katumbi, l’ex-gouverneur du Katanga qui pourrait également se déclarer dans les prochains jours.
Une pléthore de candidats qui risque bien de favoriser le président sortant dans un scrutin à un seul tour. À moins que le Prix Nobel de la paix 2018 ne parvienne à rassembler les autres candidats d’opposition derrière lui. Une option qui reste extrêmement hypothétique à ce stade de la campagne.
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