Quels relais de croissance pour l’économie bleue?

Pollustock, des filets aux paniers

« L’humain est certes à la base de tout ce qui souille les océans. Mais, heureusement, il a aussi les solutions. »

C’est un message d’espoir que cherche à faire passer Stéphane Asikian, président de Pollustock. Pour lui, rien n’est complètement irrémédiable, et c’est cette évidence qui l’a incité à créer en 2009 sa société dans l’est des Alpes-Maritimes, à Mandelieu La Napoule.

« Parmi toutes les pollutions qui altèrent les écosystèmes océaniques, celles liées aux plastiques représentent une menace majeure aux lourdes conséquences environnementales et sanitaires, développe-t-il. Chaque année, plus de 10.000 tonnes de déchets sont déversées dans les mers et les océans, dont plus de 80 % proviennent de la terre. Abandonnés au sol, volontairement ou par inadvertance, ils finiront, sous l’emprise des phénomènes météorologiques, comme la pluie et le vent, par atteindre les réseaux hydrauliques qui contribueront ensuite à les transporter vers le milieu naturel. »

Avant d’arriver à la mer

On a longtemps pensé que nettoyer les mers et les océans de ces déchets était LA solution. Ce fut même un moment la politique envisagée. Jusqu’à ce que Pollustock apparaisse dans le paysage.

« 1% des déchets flotte et tout le reste est impossible à récupérer, souligne Stéphane Asikian. On a donc cherché un recours terrestre et on en est arrivé à une sorte de piégeage permettant d’intercepter les déchets avant qu’ils arrivent dans les mers et les océans. Nous avons mis au point dès 2010 un filet auto-intercepteur pour collecter les macrodéchets en sortie de réseaux hydrauliques. »

Une avancée historique, sauf que les mailles du filet avaient tendance à se boucher et à provoquer des inondations. D’où la création en 2019 de paniers filtrants à installer en entrée de réseau dans les avaloirs d’eaux pluviales. « Ce panier dispose de différents maillages susceptibles d’intercepter des mégots, des billes de polystyrène, voire des cheveux, explique encore Stéphane Asikian. Une solution pensée pour fonctionner sans aucune source d’énergie autre que l’eau et selon des critères de résistance qui en font des équipements capables de fonctionner pendant plus de six ans. »

Pour les collectivités

Ne restait plus qu’à sensibiliser les collectivités, ce qui n’a pas été chose facile. Jusqu’en 2016, cela s’est même avéré très compliqué pour Pollustock. Mais Stéphane Asikian n’est pas homme à lâcher l’affaire, sans résister ni insister: « Par moments, on m’a même dit que je ne servais à rien, sourit-il. C’était violent, très dur à encaisser. Mais je suis quelqu’un de tenace et la tendance s’est petit à petit inversée il y a sept ou huit ans. Comme s’il y avait eu une prise de conscience collective. Les gens se sont intéressés au projet et beaucoup ont fini par l’adopter. »

Pollustock voit ainsi sa production augmenter de près de 40% par an. La Principauté de Monaco a testé le produit dans certains lieux dont la place du Marché et des contacts viennent d’être noués avec le géant pétrolier Total dont les responsables ont fait connaître à leur homologues de la société mandolocienne leur vif intérêt.

Un intérêt évidemment manifesté également par la Fondation Albert-II qui pourrait bien s’investir prochainement aux côtés de Pollustock…

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