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« Je me souviens du Père Pascal Marie qui avait peur que le vent pousse les flammes vers l’église ». Le maire de Honfleur (Calvados), Michel Lamarre, se remémore ce sombre jour de février 2016 quand un incendie s’était déclaré à l’étage au-dessus d’une boutique rue des Logettes.
À deux pas de l’église Sainte-Catherine, cet édifice religieux construit tout en bois avec l’aspect d’une coque de bateau renversée à l’intérieur et qui fait la curiosité de millions de visiteurs chaque année. La catastrophe de voir partir en fumée ce joyau du XVe et XVIe siècle avait été évitée de justesse grâce à l’intervention des pompiers.
La plus grande église en bois de France
Michel Lamarre est entourée de Sylvie Jacq, conseillère départementale du Calvados, référente Patrimoine au Département, pour présenter les travaux en cours d’achèvement pour l’église : la refonte de l’électricité et la prévention des risques incendies.
Soit près de 579 000 euros investis pour protéger la plus grande église en bois de France construite par des marins charpentiers, grâce au concours financier du Département (160 000 euros), de l’État (102 000 euros), mais aussi de dons de particuliers (à hauteur de 35 000 euros). Soit un reste à charge de 282 000 euros pour la commune.
« Cette église est tellement importante pour nos Honfleurais, et pas seulement : elle parle au monde entier »
croit savoir le maire, précisant qu’il s’agit en effet du monument le plus visité à Honfleur.
Les travaux ont commencé il y a sept mois, sans fermeture de l’église au public. La partie électricité est en train d’être refaite : les anciens points lumineux ont été remplacés par des Led. De nouveaux éclairages ont été installés pour mettre en valeur l’église, le clocher, et les œuvres d’art qui y sont exposés. Les câblages sont aussi en train d’être remis aux normes.

48 boules de détection incendie
Enfin, la protection incendie a été renforcée de fond en comble. L‘incendie de Notre-Dame de Paris en 2019 a fait d’autant plus prendre conscience aux élus l’importance de prévenir ce genre de sinistres. 48 boules de détection de départ de feu ont été installées de part et d’autre de l’église, sous les combles et à proximité des points susceptibles de départs d’incendie :
« au contact d’une source de chaleur, la boule monte en pression et éclate, libérant une poudre qui permet de circonscrire les flammes avant l’arrivée des secours »
explique le Lieutenant Fabien Millot, chef du centre de secours et d’incendie de Honfleur, qui applaudit des deux mains :
« Tout ce qui permet de raccourcir le temps entre la détection et notre intervention est intéressant pour limiter le sinistre ».
Un système de détection automatique couvrant les voûtes, les combles et la charpente du clocher a aussi été installé avec des têtes de détection sous plafond dotées d’un système de faisceaux laser qui, au contact de la fumée, déclenchent l’alarme.
Renfort incendie dans le centre ancien
En 2016, un incendie s’était déclaré au premier étage d’un magasin rue des Logettes, tout près de l’église Sainte-Catherine. Les flammes s’étaient rapidement propagées à l’ensemble de la bâtisse, témoignant de la vulnérabilité du centre historique et de son accès rendu difficile pour les secours. Mais depuis l’arrivée du lieutenant Millot à Honfleur en 2020, tout le centre ancien, où le bois prédomine depuis le moyen-âge, a été passé au peigne fin : « régulièrement, on fait de la reconnaissance pour une cartographie spécifique à cette zone, en modélisant un peu plus les ruelles, y compris les rues piétonnes où l’on ne peut pas engager d’engins lourds ». Le dispositif dans le centre ancien est aussi systématiquement renforcé : « pour un feu d’appartement, là où d’habitude on engage deux fourgons incendie, une grande échelle et un véhicule de commandement, on ajoute un fourgon incendie et une grande échelle ».
Des caméras de surveillance viennent compléter le dispositif, et une véritable vigie a été installée avec écrans de contrôles dans un petit local à côté de la sacristie, afin de pouvoir vérifier les images en direct en cas de déclenchement de l’alarme.
Celle-ci est aussi relayée par téléphone, pour permettre d’être encore plus réactif en cas de départ de feu, de jour comme de nuit, que l’église contienne du public ou soit vide de tout occupant. Quand la technologie se met au service de la protection du patrimoine, modernisme et Histoire ne font plus qu’un.
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