À la Une: le Niger de plus en plus isolé sur la scène internationale

Avant-hier, les États-Unis se sont résolu « à appeler un chat un chat, pointe Jeune Afriqueet à qualifier la prise de pouvoir des militaires nigériens de « coup d’État ». Une dénomination formelle qui n’est pas un détail, puisqu’elle provoque, conformément aux termes de la loi américaine, la suppression de 442 millions de dollars d’aide économique. Si le pays de l’Oncle Sam a dégainé aussi lentement un vocabulaire instantanément employé par d’autres chancelleries, c’est, croit savoir le site panafricain, qu’il a attendu le dénouement de voies susceptibles d’un retour à l’ordre constitutionnel au Niger ».

Seulement voilà, 77 jours après le putsch, les Américains ont dû se rendre à l’évidence. Commentaire du site Mourya Niger à Niamey : « C’est une nouvelle opération de communication de haut niveau qu’engagent les Américains au Niger pour faire à la fois un clin d’œil et plaisir à leur allié français en difficulté. »

Par ailleurs, les autorités militaires nigériennes ont ordonné le départ de la Coordinatrice des Nations unies au Niger, Louise Aubin. Explication officielle pointe Tamtam Info à Niamey : « Le CNSP a noté avec stupéfaction les manœuvres sournoises que les Nations Unies continuent d’orchestrer, sous l’instigation de la France, à travers toutes les entraves posées en vue de contrarier la participation pleine et entière du Niger aux différentes séquences des réunions de la 78e session de l’Assemblée générale de I’ONU. »

Et Tamtam Info de s’interroger : « À qui le tour ? »

Alger a aussi jeté l’éponge

En effet, avec cette politique du vide, « la junte nigérienne accroît son isolement », relève Le Monde Afrique.

La récente « annonce de Washington témoigne de la difficulté de la communauté internationale à faire plier une junte qui n’a transigé sur rien depuis son arrivée au pouvoir ».

Pourtant, pointe le journal, les États-Unis s’étaient beaucoup « investis dans le dossier nigérien, Washington s’est toujours opposé à l’intervention militaire régionale planifiée par la Cédéao, préférant plaider pour l’instauration d’une transition courte dans l’espoir de faire libérer le président élu, Mohamed Bazoum. Une ligne qui se rapprochait de celle défendue par l’Algérie, relève Le Monde Afrique. Cette dernière s’était proposé de mener une médiation pour sortir de la crise, une initiative acceptée par les autorités de Niamey fin septembre. Mais Alger aussi a fini par jeter l’éponge. Alors que son ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, devait se rendre dans la capitale nigérienne pour échanger avec le CNSP, le gouvernement algérien a annoncé lundi (…) ne pas avoir réussi à s’entendre avec elle sur « le programme et le contenu de cette visite ». En cause : le refus des militaires nigériens d’accepter comme base de discussion la proposition d’Alger d’une transition de six mois dirigée par un civil ».

Les Nigériens vont devoir se serrer encore la ceinture

Reste qu’avec la coupure du robinet américain, « le Niger perd une aide précieuse, estime le quotidien Aujourd’hui au Burkina Faso, surtout que celle venant de l’UE a été aussi coupée suite au coup d’État. Ce qui fait une béance dans l’économie du pays auxquelles s’ajoutent les drastiques sanctions de la Cédéao ». Bref, « le serrage de ceinture se poursuit » pour les Nigériens.

« Autant dire, soupire L’Observateur Paalga, toujours à Ouagadougou, que la récente mesure vient plomber davantage une situation socio-économique déjà bien compliquée. Et plus que les dirigeants, qui seront toujours à l’abri, ce sont surtout les populations les plus pauvres qui subiront le contrecoup de ces errements politiques. Sans omettre que de nombreux projets et programmes seront également gelés notamment dans les domaines des infrastructures, de l’éducation, de l’énergie, de la santé… »

Les putschistes intransigeants

Qui plus est, note encore L’Observateur Paalga, « la sécurité et la lutte contre le terrorisme devront également pâtir du « New deal » américain au Niger. Le Niger où l’Oncle Sam dispose d’une base de drones à Agadez au nord du pays. Et si les vols de drones se poursuivent, le partenaire américain se garde de fournir des renseignements à l’armée nigérienne. Du coup, on peut se demander quelle est son utilité sur le terrain ».

Et le quotidien ouagalais de s’interroger : « Le CNSP va-t-il pour autant appliquer aux États-Unis la même potion qu’à la France, en demandant purement et simplement le départ des boys ? Rien n’est moins sûr. » En tout cas, conclut-il, « les sanctions sous-régionales et internationales ont beau s’accumuler, on peut raisonnablement douter qu’elles puissent faire revenir à la raison les putschistes nigériens qui n’entendent pas rendre gorge, advienne que pourra ».

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