la fondation Batonga évalue les impacts de ses actions au profit des adolescentes et femmes pour mieux agir
S’auto-évaluer et recevoir les observations des autres pour avancer. Après 17 ans d’engagement et d’actions au profit des filles et des femmes défavorisées, la fondation Batonga a décidé de faire le bilan de ses interventions et de se projeter dans l’avenir. Elle a organisé, mardi 10 octobre 2023 à Grand-Popo, un atelier pour examiner deux études qu’elle a commanditées. La première porte sur l’impact des interventions de la fondation Batonga en faveur de l’émancipation des adolescentes et des femmes. La seconde étude donne une photographie actuelle de la situation des communautés où la fondation intervient en 2023.
L’atelier a réuni les représentants des ministres des affaires étrangères, des affaires sociales, des représentants des départements du Zou et des Collines, la préfète de l’Atacora et des représentants des organisations partenaires. Codou Diaw, secrétaire exécutive de la fondation a, par vidéoconférence depuis le Sénégal, indiqué qu’il s’agit d’une évaluation indépendante des 17 ans d’activités. Elle a relevé que l’évaluation touche tous les programmes et marque son attachement à l’atteinte des objectifs.
Arnaud Agon, secrétaire général de la préfecture du Mono, a fait remarquer que les interventions de la fondation viennent soutenir l’Etat dans ses actions en faveur de l’émergence des femmes les plus vulnérables. Il estime que l’atelier vient à point nommé car, il va permettre à la fondation d’avoir un outil opérationnel sur les années à venir en vue d’orienter ses actions.
Selon la préfète du département de l’Atacora, Déré Chabi Nah qui a ouvert les travaux, la fondation Batonga vise « à transformer les adolescentes vulnérables d’Afrique en femmes puissantes dans le dessin de révéler leur plein potentiel ». Elle affirme que la mise en œuvre de ses programmes au Bénin « impactent positivement la vie socio-économique des communautés à travers plusieurs milliers de bénéficiaires directes et indirectes ». Déré Chabi Nah souligne que la fondation place l’intérêt des bénéficiaires au cœur de sa stratégie d’intervention.
La Directrice pays de la fondation, Ella Wama Mara a rappelé que créée par Angélique Kidjo en 2006, Batonga a commencé ses actions par l’octroi des bourses scolaires destinées aux adolescentes les plus défavorisées dans cinq pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Ceci, afin de les maintenir à l’école et de leur assurer l’accès à une éducation de qualité. Avec la refonte de son approche, la fondation travaille depuis 2016 aux côtés des femmes vivant dans les communautés les plus difficilement accessibles des pays d’Afrique francophone y compris le Bénin en adoptant une stratégie holistique et diversifiée.
Cette stratégie se focalise sur le renforcement du leadership de l’adolescente et de l’autonomisation économique des jeunes femmes. C’est ainsi que sont nés les programmes de leadership des adolescentes et autonomisation économique des femmes.
Elle a indiqué qu’en 2020 avec l’avènement de crise sanitaire liée au COVID-19, la fondation a initié « un programme radio afin de poursuivre la diffusion de ses formations et messages de sensibilisation à l’endroit de jeunes filles et femmes de ses programmes et de la communauté en général ». Et, aujourd’hui, cette initiative fait partie d’un vaste ensemble que constitue le programme Contenus digitaux, radios et podcasts.
Grâce à son système de mentorat et de coaching, elle ramène l’accompagnement au plus près des participantes par le biais de mentors et de coachs d’affaires vivant dans la même communauté que celles qu’elles encadrent. Selon Ella Wama Mara, la fondation « est fière d’avoir touché à ce jour 3984 adolescents (14 à 18 ans) et 4183 jeunes femmes (18 à 30 ans) au Bénin ». Elle précise que « ces effectifs sont en constante évolution puisque la fondation étend ses interventions au Bénin et au Sénégal où elle travaille avec plus de 5500 adolescentes et jeunes femmes ».
Consciente que l’égalité des sexes ne peut se réaliser sans la collaboration des deux parties concernées (homme et femme), la fondation a initié son programme d’engagement des hommes et des garçons pour renforcer leur implication au service de l’égalité genre.
Cet ensemble d’intervention est appuyé par des actions de plaidoyers. A ce titre, l’initiative « Nos voix comptent » implique les organisations, réseaux et activistes de 22 pays d’Afrique francophones. Elle porte les voix des filles et des femmes issues des couches défavorisées.
Des changements positifs à consolider
Selon le rapport de l’étude d’évaluation, « les interventions telles que mises en œuvre ont affecté positivement et de manière significative les participantes dans les divers domaines programmatiques ». La participation effective des adolescentes aux activités régulières des clubs, la présence de femmes adultes modèles en qui elles s’identifient ont contribué à la réduction progressive de l’isolation des adolescentes et au renforcement de leur estime de soi.
Les espaces sûrs que constituent les cercles ont également permis aux adolescentes de renforcer leurs connaissances (hygiène et santé, littératie financière) et compétences de vie courante, toutes choses utiles pour mener une vie saine, épanouie et digne en communauté. Des évolutions significatives ont été observées au niveau des différents indicateurs évalués (capital social, estime de soi, hygiène et santé, capacités financières).
L’étude a révélé que la théorie du changement du programme d’autonomisation financière des jeunes femmes a fait ses preuves sur plusieurs aspects. Le modèle d’autonomisation économique porté par les femmes en coopératives a été jugé « très pertinent par rapport aux besoins et aux capacités des participantes ». Aussi, « les formations dispensées sur les techniques et outils de gestion, les subventions accordées, le coaching rapproché des Business coaches sont des exemples de mécanismes qui ont contribué aux résultats obtenus tel qu’envisagé par la théorie du changement du programme ».
Quant au programme Contenus digitaux, radios et podcasts, il a permis d’impacter d’autres adolescentes qui ne sont pas dans les programmes, les hommes et les communautés qui entourent les zones d’interventions de la zone. Il a aussi permis aux adolescentes et aux jeunes femmes de produire, d’animer des émissions radios.
L’étude a également relevé les points sur lesquels, des efforts considérables restent à faire. Par exemple, elle a constaté que une partie importante des participantes continue de croire que l’homme a le droit de battre sa femme.
Le niveau des nouveaux bénéficiaires
Dans l’option de mieux orienter son plan d’interventions 2024-2028, la fondation a commandité une étude de base. Elle donne une photographie actuelle de la situation des communautés où elle intervient en 2023. Cette étude a pris en compte les adolescentes et jeunes femmes qui viennent d’entrer dans les différents programmes. Elle a permis à la fondation d’avoir une idée du niveau de ces nouvelles participantes par rapport aux compétences et aptitudes qu’elle compte leur apporter. Elle a permis aussi de savoir les aspirations de ces participantes afin de déterminer les stratégies à déployer.
Les participants à cet atelier ont apporté leurs contributions et recommandations pour l’amélioration des deux études. Ils ont validé les deux études sous réserves des corrections à apporter et recommandations à ajouter. C’est sur une note de satisfaction que la Directrice pays de la fondation Batonga a mis aux travaux.


Crédit: Lien source


Les commentaires sont fermés.