des sportives iranienne et afghane distinguées par l’Assemblée nationale

Mitra Hejazipour, d’origine iranienne, championne de France d’échecs 2023, et Marzieh Hamidi, championne afghane de taekwondo, ont reçu, ce mercredi 11 octobre, la médaille d’honneur de l’Assemblée nationale des mains du député Hadrien Ghomi. Cette distinction leur a été attribuée afin de saluer leur combat pour les droits et la liberté des femmes iraniennes et afghanes.

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« Vous êtes les ambassadrices d’un sport émancipateur. Vous êtes la voix de toutes celles qu’ils tentent d’étouffer », affirme Hadrien Ghomi, député Renaissance, en décernant les distinctions à Mitra Hejazipour et Marzieh Hamidi. Toutes deux athlètes exilées, l’une excelle aux échecs et l’autre au taekwondo. Contraintes de quitter leur pays, elles représentent le combat des femmes qui se battent pour leurs libertés, en Iran pour Mitra et en Afghanistan pour Marzieh.

« En vous remettant sa médaille d’honneur, l’Assemblée nationale salue votre combat pour la liberté des femmes, que vous avez lié depuis le premier jour à celui pour le développement de la pratique sportive des femmes et des jeunes filles », déclare Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports, lors de la cérémonie de remise des médailles.

Des modèles pour les femmes opprimées

Championne de France d’échecs 2023, Mitra Hejazipour est née en Iran, en 1993, près de quinze ans après la révolution islamique. Elle n’a connu « que ce régime liberticide », raconte-t-elle. Mitra finit par défier la République islamique des mollahs en 2019, lors du championnat du monde d’échecs en blitz à Moscou, où la joueuse refuse de porter le voile. « C’est le talon d’Achille du régime. » Bannie de la sélection nationale iranienne, Mitra s’exile à Brest et intègre le club d’échecs de la ville. En août 2023, sous les couleurs de l’équipe de France et cinq mois après sa naturalisation, elle devient la nouvelle championne de France d’échecs féminin.

Marzieh Hamidi est championne afghane de taekwondo, elle a dû fuir en août 2021 son pays, retombé sous le joug des talibans, pour s’installer en France. « Je suis une athlète, une réfugiée et une Afghane fière, venant d’une culture où les femmes sont désormais des rebelles », lance-t-elle avec un sourire. À seulement 21 ans, Marzieh s’entraîne dorénavant sur le tatami de l’Insep, temple du sport français de haut niveau. Pressentie pour figurer dans l’équipe des réfugiés, instaurée depuis 2016 par le Comité international olympique, elle rêve de disputer ses premiers Jeux olympiques dans quelques mois.

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Une médaille de soutien

Pour les deux championnes, c’est une fierté d’être honorées par l’Assemblée nationale et de représenter les nombreuses femmes qui sont encore écrasées par les régimes afghans et iraniens. « Cette médaille montre le soutien envers le mouvement « Femme, vie, liberté » et toutes les femmes qui se battent pour leurs droits », se réjouit Mitra Hejazipour. « Cette médaille est un symbole de liberté et de combat. Elle n’est pas pour moi, elle est pour toutes les femmes en Afghanistan », poursuit Marzieh Hamidi.

Ces deux femmes sont médaillées sous l’impulsion d’Hadrien Ghomi, député Renaissance, qui avait porté en novembre 2022 une résolution en soutien au peuple iranien, adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale. « C’était très important pour moi de mettre à l’honneur les femmes iraniennes et afghanes qui subissent depuis plusieurs années un apartheid de genre », insiste-t-il. Actuellement, le mouvement de révolte est toujours réprimé dans le sang par le régime iranien, tandis que le retour des talibans en Afghanistan efface les femmes de la société.

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