Sa formation à l’Académie des futurs leaders à Paris s’est terminée fin juin mais Mamadou Yaya Bah, apprenti boulanger devenu célèbre par son parcours de vie, ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. Le jeune Guinéen a créé cet été Un pour tous, tous pour un, une association qui se muera bientôt en antenne burgienne de Singa. L’association, dirigée par l’ancien ministre socialiste Benoît Hamon, vise à favoriser l’intégration des réfugiés par le travail. « On ne peut s’en sortir qu’avec les bonnes personnes », assure celui qui a reçu l’aide précieuse et la dévotion de Patricia Hyvernat.
CDI fraîchement signé à la boulangerie Graind’Pain de Bourg-en-Bresse, Yaya se réjouit aujourd’hui « d’acquérir de nouvelles expériences ». « Je ne suis pas complètement parti de chez Patricia. Ici, j’apprends la rapidité et la cadence », explique-t-il. Boulanger, un métier « qu’il garde dans son cœur » car c’est ce qui lui a permis de s’en sortir. Pas question, en revanche, d’y accorder tout son temps. Avec Singa, Yaya souhaite faire changer « le discours problématique sur l’immigration ». Et aider les immigrés à s’intégrer à leur nouvelle vie grâce à ce dispositif qui mêle cours de français, ateliers CV et sorties culturelles. « L’immigration n’est pas un problème, c’est une solution. On manque cruellement de main-d’œuvre partout, les jeunes pourraient travailler », prône-t-il.
Pour devenir Singa, Un pour tous, tous pour un doit cumuler six mois d’activités. Mais Yaya a besoin de bras. « Je lance un appel à tous ceux qui voudraient nous suivre dans ce projet », clame le jeune Guinéen. Une séance de cuisine africaine a déjà été organisée par son association sur ses propres ressources. La fondation Abbé-Pierre de la région Auvergne Rhône-Alpes pourrait bientôt apporter son aide financière. « Je suis fier de tout ce que j’ai réalisé depuis mon arrivée à Bourg-en-Bresse mais surtout, des personnes qui m’ont soutenu et entouré », conclut-il.
Pour intégrer l’association Un pour tous, tous pour un, contacter Mamadou Yaya Bah au 07.80.13.94.95. Pas de frais d’adhésion.
« Le maître mot, c’est la patience »
Victime de maltraitance en Guinée, Mamadou Yaya Bah est arrivé à Grenoble (Isère) à 16 ans. Mineur isolé à Bourg-en-Bresse, le jeune Yaya reçoit, dès la majorité, l’ordre de quitter le territoire français.
Touchée par son histoire, la boulangère Patricia Hyvernat le prend sous son aile et l’emploie en tant qu’apprenti boulanger au sein de sa ferme, à la Chapelle-du-Châtelard. C’est un combat intense qui commence alors. Patricia Hyvernat refuse de se nourrir tant que son apprenti n’est pas régularisé . Sa grève de la faim dure trois mois et l’affaire est relayée à l’échelle nationale. Après le réexamen de son dossier par la préfecture, le jeune Guinéen de 23 ans obtient son récépissé de carte de séjour le 3 mars 2021 et peut alors intégrer le Centre de formation des apprentis (Cecof) d’Ambérieu-en-Bugey. Diplômé boulanger depuis janvier 2023, Yaya confie humblement : « Tout ce chemin parcouru, cela ne vient pas de moi mais des autres qui ont eu confiance en moi. »
Et de conclure : « Le maître mot pour réussir en tant que mineur isolé, c’est la patience. On a toujours peur de l’échec, c’est notre quotidien. »
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