Leur fils empoisonné à Moscou ? « Nous voulons la vérité! »

Le teint est hâlé, un tee-shirt en V dévoile un torse musclé et des bras puissants. L’une des dernières photos de Grégory Cotton trône dans le salon mezzanine de la maison parentale. La douleur est insondable pour Max et Marie-France Cotton, ses parents. Ils résident en partie dans le charmant village de Marie, au cœur de la vallée de la Tinée.

Leur garçon, brillant, cumulant les diplômes, a été retrouvé mort dans un appartement des beaux quartiers moscovites, dans de troubles circonstances, le 21 novembre 2021. Il avait 40 ans. Ce jour-à, Grégory, qui travaille alors comme homme de confiance pour un armateur basé à Monaco, s’apprête à prendre le thé avec sa compagne.

Elisabeth (1), quadragénaire londonienne, offre l’allure d’une très belle femme blonde, élancée, cheveux coupés aux épaules, yeux bleus. Elle recrute des professeurs d’anglais pour des établissements privés de Monaco ou de Moscou. Trois convives sont là. Elisabeth (1) ramène un gâteau de la cuisine. Tout ce petit monde s’apprête à le déguster.

Mais, soudain, selon la famille de Grégory, la jeune maman affirme qu’elle a oublié un rendez-vous à l’hôpital. Sans que la raison en soit très claire, elle embarque ses trois amis, laissant brusquement son compagnon seul.

Mort suspecte : une plainte contre X

Grégory s’est sans doute consolé de ce thé avorté en attaquant une part de gâteau. Il sera retrouvé raide mort au retour de la jeune femme. L’autopsie révélera une dose anormale de nitrites dans le sang.

« La police russe a de suite estimé que le décès était suspect », confie Max Cotton, le papa de Grégory. D’autant plus suspect selon les parents, que sa compagne, avec laquelle Grégory avait entretenu des rapports très conflictuels les mois précédents, s’est volatilisée.

Oubliant de prévenir Max et Marie-France – qu’elle connaissait – de la mort de leur fils, elle s’envolera pour l’Espagne 48 heures plus tard avec la petite âgée d’un an. Elle n’a, depuis, selon l‘avocat de la famille, plus donné de nouvelles. Les parents n’apprendront la mort de Grégory que deux jours plus tard, par des connaissances. « La gendarmerie m’a dit que sa compagne était sous le coup d’un mandat de recherche d’Interpol », affirme Max Cotton, 84 ans.

Le 6 décembre 2021, Max et Marie-France ont déposé plainte contre X en la gendarmerie de Saint-Sauveur-sur-Tinée. Depuis, ils sont sans nouvelles de l’enquête.

En apprenant la mort de son fils, Marie-France s’est écroulée. Depuis, elle ne s’exprime qu’avec grande difficulté. « Nous sommes anéantis », résume Max. Grégory Cosson est-il mort naturellement ? A-t-il été assassiné, empoisonné ? Selon la famille et leur avocat, de nombreux éléments le laissent à penser. « Nous voulons la vérité ! »

L’argent comme mobile ?

Quel en serait le motif ? « Grégory travaillait pour un milliardaire, il le suivait partout dans le monde, dans les plus beaux palaces. Il gagnait très bien sa vie », explique son papa. Les parents n’arrivent pas à savoir ce qu’est devenu son argent.

Tout semblait pourtant sourire à la petite famille. Max Cosson, originaire de Cagnes-sur-Mer, a bâti sa réussite avec les « Établissement Cotton», qui œuvrait dans les fermetures du bâtiment.

Leur fils Grégory s’est très vite distingué, obtenant le bac à 16 ans avec mention, puis math sup’, math spé et un master de marketing. Ce surdoué des maths donnait des cours aux enfants de l’intelligentsia monégasque. Un sportif accompli qui avait décroché un diplôme de nutritionniste au Canada. Un homme en pleine santé comme en atteste un certificat médical. Il avait noué de très solides amitiés au plus haut niveau à Monaco. C’est lors d’une réception au Palais princier qu’il allait d’ailleurs rencontré Elisabeth, qui habitait Beaulieu-sur-Mer. « Grégory était très, très ami avec Louis Ducruet, de la famille princière », confie son père.

Qu’est-il arrivé à Grégory Cotton ? «  J’interpelle la justice, elle doit ouvrir les yeux sur le décès plus que suspect de cet homme qui était doté d’une santé de fer », tonne Me Julien Taddei. Il s’apprête à déposer une nouvelle plainte. Cette fois devant le procureur de la République de Nice.

(1) Le prénom a été modifié

 

Grégory Cotton est décédé dans de mystérieuses circonstances à Moscou.
(Photo DR).
Me Julien Taddei, pénaliste niçois, avocat de la famille Cotton. (Photo G. L.).

Me Taddei : « Les parents sont en attente de réponses de la justice »

Leur avocat, le pénaliste niçois Julien Taddei est abasourdi du silence qui entoure ce dossier. Le couple a décidé de sortir du silence pour médiatiser leur affaire, il les accompagne dans la démarche.

« Je ne comprends pas l’absence de réponse de la justice française depuis deux ans. Les accords de coopération policière existent encore avec la Russie malgré la guerre avec l’Ukraine. »

L’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), basé à Nanterre, est chargé dans ce genre d’affaires de faire le lien avec les autorités à l’étranger. Pour autant, rien n’a bougé.

« Nous souhaiterions avoir accès au dossier, avoir les détails précis de l’autopsie, et que les témoins clés de cette affaire, à commencer par son ex compagne, puissent être entendus. Les parents sont en attente de réponses« , réclame Me Taddei.

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