Pendant un mois et demi, Rémi Leroy a réalisé près de 150 œuvres sur le navire d’exploration S.A. Algulhas II. Alors que des scientifiques du monde entier effectuaient des recherches sur les différents écosystèmes et leurs évolutions au cœur l’océan indien, l’artiste a pu témoigner de cette mission à travers son art et apporter une nouvelle vision au travail effectué lors de l’expédition.
Pour le premier anniversaire de son voyage, l’artiste a décidé d’exposer une sélection de croquis au sein du restaurant Les Perles de Monte-Carlo, à Fontvieille.
Le prince Albert II avait participé à cette mission dans l’Océan Indien. Rémi Leroy a reçu un grand soutien de la part de ses proches lors de l’inauguration de son exposition aux Perles de Monte-Carlo.(Photos Nicolas Mathys/Explorations Monaco et Pascale Leroy).
« Un rapport au monde » et à la science
L’art lui permet de raconter sa vision du monde, et de le découvrir par la même occasion.
« Ça m’ouvre à des univers auxquels je n’aurais jamais pu avoir accès, c’est mon rapport au monde. Ça me permet aussi de parler de sujet que je ne connais pas en discutant avec les autres en m’imprégnant de tout ce que je vois pour en témoigner de la manière la plus juste. »
Rémi Leroy a toujours fait le choix de voyager pour produire ses œuvres.
Il fait ses premiers déplacements en Tanzanie avec sa compagne Inès, chercheure en anthropologie, avec qui il travaille sur le développement des low-techs, des outils technologiques simples, utiles et accessibles, dans cette partie du monde.
Déjà habitué à travailler avec des scientifiques, l’illustrateur, grâce à ses crayons et aquarelles, trouve un moyen de faire dialoguer son univers et celui de la science.
« La science est un monde assez cloisonné, il faut créer des ponts pour que les connaissances aient plus d’écho envers un plus large public. »
Une évolution personnelle grâce à l’expédition
Cette expédition est un nouveau cap dans la vie de l’artiste qui a mis plusieurs semaines à trouver sa place au sein du navire.
« Tout le monde monte sur le bateau en équipe, donc avec des repères. Moi j’arrive tout seul, il a fallu que je trouve mes marques. »
C’est en arrivant sur l’atoll d’Aldabra, une réserve naturelle des Seychelles, que l’électrochoc se crée chez Rémi.
« J’ai passé deux jours à observer les scientifiques étudier les fonds marins »
« J’ai passé deux jours à observer les scientifiques étudier les tortues et les fonds marins, c’était très concret, j’ai enfin pris confiance en mon travail et trouvé ma place en tant qu’illustrateur sur cette expédition », détaille-t-il.
Ce voyage lui permet aussi d’apprendre à partager ses émotions à travers ses œuvres. Pour la première fois, Rémi tente de transmettre ce qu’il ressent lui.
Il se souvient d’un tableau en particulier.
« Celui sur le pont de nuit sous la Voie Lactée, j’en ai pleuré tellement j’en étais fier. » C’est à cet endroit que de nombreux participants à l’expédition se retrouvent après le dîner pour discuter, « certains jouaient de la musique », raconte Rémi.
À plusieurs reprises, il s’y retrouve seul face à ce ciel étoilé.
« J’essayais de gérer mes angoisses et mes émotions, c’est à ce moment-là que tu réalises que tu es un micro-grain de sable, mais c’est un moment de communion avec ce qui t’entoure, ce sont ces moments de flottement que j’ai essayé de transmettre. »
Un carnet en cinq chapitres
En novembre de l’année dernière, il est retour en France, les bras chargés de dessins et la tête remplie de souvenirs.
Le dessin a un avantage particulier pour Rémi.(Photo Jessica Granato).
Mais l’aventure ne se termine pas là pour Rémi, qui cherche à exposer son travail. Pour cela, il décide de scinder ses dessins en cinq univers et de faire une sélection.
« J’ai choisi cinq thématiques. Le navire, le programme scientifique, l’aventure humaine et deux parties sur l’atoll d’Aldabra et le banc Saya de Malha qui ont été des déclics pour moi lors du voyage », détaille l’artiste.
Grâce à ce choix, il cherche à retransmettre ce qu’il a pu ressentir lors de l’expédition et les rencontres qu’il a pu y faire.
Il arrive aussi à répartir les trois types de dessins qu’il utilise « le dessin d’ambiance, le dessin scientifique et le portrait ». Pour sa troisième exposition, Rémi Leroy a choisi de s’amarrer au port de Fontvieille, au sein du restaurant Les Perles de Monte-Carlo.
« C’est le lieu idéal, ils sont attachés à la mer et à la science », explique-t-il avec le sourire.
Encore visible pendant quelques jours, cette exposition n’est pas un point final pour l’artiste, mais « des points de suspensions »…
La Mission Océan Indien, qu’est-ce que c’est ?
Mise en place par la société Les Explorations de Monaco, la « Mission Océan Indien » est un programme de recherche scientifique international.
Financée grâce au gouvernement princier, la mission a duré deux mois à bord d’un brise-glace sud-africain, le S.A. Algulhas II.
Pendant deux mois, les 150 membres de l’expédition ont parcouru 7.300 kilomètres pour récolter des données sur les écosystèmes marins présents et la pollution entre les îles de la Réunion, des Seychelles et de Maurice.
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