Il n’est donc pas nécessaire de prendre de la hauteur ou de l’altitude pour être gagné par le vertige. Le sport français peut en témoigner. Et montre tous les jours, ou presque, que la peur du bide fait paniquer bien plus que celle du vide. D’autant que dans le fond, à l’heure du décompte des médailles le 11 août, les deux se rejoindront et pourraient, dans certaines disciplines, faire des dégâts. Le spectre du zéro pointé hante certains présidents de fédé…
À 285 jours du début de Jeux de Paris, les Bleus du sport devraient s’avancer vers cette échéance que la France attend depuis 100 ans avec autant de sérénité que de certitudes et d’ambitions. Sous pression puisque c’est la loi des compétitions à la maison, mais convaincus qu’autour d’eux tout est mis en place, optimisé pour qu’ils brillent comme jamais. Que leur réussite repose sur une stratégie collective réfléchie depuis des années, adaptée à chacun des sports.
Mais que fait Claude Onesta ?
Le spectacle offert par certains rappelle surtout que chacun fait ce qu’il peut, comme il peut. L’escrime qui pique sa crise et perd un président dont on se demande comment et pourquoi il était arrivé jusque-là. Le basket, qui se prend les pieds dans le dossier Embiid, et a passé plus de temps à naturaliser le crack camerounais, qui jouera finalement pour les États-Unis, qu’à travailler la cohésion de ses joueurs autour d’un staff plus fragilisé que jamais après la déroute du Mondial. Et la gym, empêtrée dans des dossiers sordides, qui doit encore se demander comment elle a pu se priver de Kaylia Nemour, qui fait le bonheur en argent de l’Algérie. Quant à l’athlé, le voilà au point zéro, là où tout ce qui n’est pas mis en place depuis des années devait l’amener à hésiter entre stage à Lourdes ou Lisieux pour espérer un miracle…
On exagère à peine. Et tout ça sans que cela ne suscite la moindre réaction de Claude Onesta, manager de la haute performance à l’Agence nationale du sport dont on se demande s’il a pris la mesure de sa mission. Onesta, jadis très fort pour mettre des mots sur l’impressionnante réussite de ses handballeurs et sa science du management. Onesta, aujourd’hui si discret, pour ne pas dire absent. Une singulière manière d’éviter le bide et d’incarner le vide.
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