Antoine Dupont aura fait tout son possible. Et certainement plus, même. Pour être là, au rendez-vous de ce quart de finale, déjà. Victime d’une fracture maxillo-zygomatique face à la Namibie, le capitaine du XV de France était de retour, en un temps record, pour défier l’ogre sud-africain, dimanche soir, au Stade de France.
Oui, mais. L’histoire, elle, n’a pas de cœur ni de sentiments. On ne va pas se mentir, face aux champions du monde en titre, le natif de Lannemezan n’était pas à 100%. Peut-être même pas à 75%. Mais ce n’est pas une histoire de pourcentage, on s’en moque. Le capitaine des Bleus, celui qui n’a jamais triché sous ce maillot frappé du Coq, a tout donné. Une nouvelle fois. Avec ce qu’il pouvait, en ce foutu dimanche 15 octobre 2023.
Chassé en permanence
Dès la 3e minute de jeu, avec un amour de petit par-dessus, le robot qu’il est envoie Matthieu Jalibert perforer la défense des Boks. Les supporters tricolores y ont alors cru. Quatre-vingt-dix secondes à peine et le maître à jouer de Fabien Galthié rayonne déjà. De quoi se frotter les mains. Et pourtant, personne ne le sait encore, mais ce n’est qu’un écran de fumée. Dans les faits, Antoine Dupont semble quand même diminué. Craintif comme il ne l’a jamais été. Celui qui aime se frotter à la défense, lâcher des passes à la limite du raisonnable, et donner à son corps à la science, joue loin de la ligne des coéquipiers d’Eben Etzebeth. Chasseur né, l’ex-Toulonnais est le premier à faire de son match un calvaire. Tout comme Cobus Reinach, toujours collé à ses basques.
Privé de sa créativité
Pourtant, même s’il ne peut apporter sa vista caractéristique, Antoine Dupont refuse de baisser la tête. Il y retourne, sans cesse. Même quand Jesse Kriel, le massif trois-quarts centre des Boks, le charge, coude en avant, plein visage. Le capitaine des Bleus est fait d’acier. Pas question de râler ou rester par terre. Le combat est dans son ADN. Malheureusement, sa grinta ne suffit pas, ou plus. Incapable de réellement casser la ligne de défense sud-africaine, de trouver ce décalage qui le rend magique, « Toto » n’a pu faire basculer ce foutu quart. Touché, amoché, diminué, la perle rare du rugby français a tout fait pour maintenir son navire à flot.
Mais il n’en est rien. Pour un petit point, le bateau bleu a fini par couler, dans ses propres eaux du Stade de France. Mais n’ayez crainte, l’équipage n’est pas mort. Son capitaine encore moins. Jamais.
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