Les autorités d’Ouanaminthe ont annoncé ce lundi leur décision de maintenir la fermeture de la frontière menant au marché de Dajabón, en signe de protestation contre les mauvais traitements infligés par la République dominicaine envers les migrants haïtiens.
Ce lundi, la porte d’Ouanaminthe demeure close, créant une scène de désolation de l’autre côté de la frontière, où des marchands étaient traditionnellement postés.
Hier dimanche, des centaines de commerçants haïtiens avaient franchi la frontière en compagnie du maire d’Ouanaminthe, Demetrius Lumax, pour récupérer leurs produits et marchandises stockés dans des entrepôts, dont plus de 40 % appartiennent à des étrangers.
Suite à l’incendie qui a dévasté une partie du marché la semaine dernière, entraînant la destruction de 36 étals de marchandises haïtiennes, ces commerçants réclament également des réparations.
Au poste frontalier réservé au corridor commercial, seuls les agents de sécurité du Cesfront et les membres du DNI en charge du contrôle biométrique sont présents selon les médias sur place.
Il convient de noter que des acteurs de la société civile et du secteur privé du département du Nord-est ont conjointement établi sept conditions en vue de redéfinir les relations diplomatiques et commerciales entre Haïti et la République dominicaine.
Cette décision a été prise le lundi 9 octobre et implique des organisations telles que le barreau de Fort-Liberté, la Chambre de commerce du Nord-est, la Fédération des associations de commerçants du Nord-est, ainsi que l’Association des journalistes d’Ouanaminthe, parmi d’autres acteurs influents.
Voici les sept conditions qu’ils ont établies pour la mise en place de nouvelles relations diplomatiques et commerciales avec la République dominicaine :
- Que la République dominicaine reconnaisse de manière catégorique le droit d’Haïti sur l’utilisation des ressources en eau partagées.
- Le rééquilibrage du marché binational où les droits de chaque État doivent être équitablement répartis. Les Dominicains bénéficieront d’un jour de marché ; les Haïtiens, autant.
- Le respect de l’Etat dominicain concernant les règles de déportation des Haïtiens entassés dans des cages suffocantes. Les violations de droits humains notamment les agressions physiques, le viol et la traite de personne doivent cesser.
- Les étudiants haïtiens, régulièrement établis en République dominicaine, doivent bénéficier d’un visa d’étudiant pour toute la durée de leurs études, sans besoin de payer une taxe d’entrée mensuellement ou trimestriellement.
- La création d’une commission d’audit internationale ayant pour mission d’examiner la délimitation géographique des deux États et en faire rapport à chaque Gouvernement.
- L’évaluation et l’approbation par un service de la Douane des marchandises en provenance de la RD et à destination d’Haïti. Leur qualité doit être attestée par ledit service dont copie du document peut être obtenue par tout ayant-droit.
- Les Haïtiens victimes de l’immigration et de toute instance de la RD doivent faire l’objet d’une enquête d’une Commission spéciale « Justice et Vérité », composée d’Haïti, de la République Dominicaine et d’autres pays. Le rapport sera adressé à chaque gouvernement.
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