« C’est quatre ans de perdu » : à Levallois, la démolition de la tour du marché Barbusse finalement abandonnée
Il n’est plus question de démolition. Ni partielle. Ni totale. Il y a quelques jours, à l’occasion de la présentation de son bilan de mi-mandat, la maire (LR) de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) a répondu très clairement à une habitante de l’immeuble de neuf étages situé au-dessus du marché Barbusse et du palais des sports Gabriel-Péri.
Un changement de cap, quatre ans après l’incendie accidentel qui avait ravagé la halle du marché, le 18 août 2019. À l’époque, le maire Patrick Balkany (LR) et sa première adjointe Isabelle, avaient immédiatement évoqué l’idée de démolir l’immeuble de 90 logements sociaux datant des années 1960, considéré comme une « verrue » en plein centre-ville. Un projet repris par Agnès Pottier-Dumas, élue en juin 2020 et qui avait entamé les négociations avec Logirep, le bailleur social propriétaire de l’immeuble.
« Pas possible d’écrêter l’immeuble en site occupé »
L’avis des Domaines avait été sollicité, avec une première estimation à 8 millions d’euros. Et un bureau d’études avait été mandaté pour voir dans quelles conditions il était possible de démolir tout ou partie de l’immeuble, sans le vider de ses occupants non concernés et sans toucher au palais des sports, ni au nouveau marché dont les travaux ont coûté 9 millions d’euros.
« Les choses ont évolué avant l’été puisque Logirep nous a fait savoir que le prix serait plutôt de 30 millions d’euros et qu’ils n’étaient plus vendeurs, a expliqué l’édile aux habitants. Et selon les études, il n’est pas possible d’écrêter l’immeuble en site occupé. »
Les locataires ont le sentiment d’être abandonnés
Des éléments qui obligent donc la municipalité à revoir sa copie. « Nous avons décidé de prendre le contrepied car nous allions droit dans le mur », a reconnu Agnès Pottier-Dumas, qui assure pour autant « qu’il n’est pas question de laisser les habitants dans une telle situation ». Car depuis 2019, les locataires se plaignent d’être abandonnés par le propriétaire qui n’investirait plus dans l’immeuble compte tenu de son avenir incertain.
« Les parties communes sont une catastrophe, certains habitants vivent avec des filets à leurs fenêtres », regrette l’habitante qui a interpellé Agnès Pottier-Dumas et qui vit dans l’immeuble depuis 1965. « Bien sûr cette annonce est un soulagement car je ne me voyais vraiment pas déménager à mon âge. Et pour aller où ? Je fais partie des murs », poursuit l’octogénaire qui avait pourtant accepté de faire une demande de relogement en 2020, dans le cadre de la procédure lancée par la ville.
Mais elle n’a jamais eu de proposition et n’a pas renouvelé sa demande cette année. Quelques appartements ont pourtant été libérés depuis l’incendie, une quinzaine selon les locataires. Des appartements qui ont finalement été loués avec des baux précaires — et donc une durée limitée — notamment à des étudiants, via une association.
Vers une rénovation complète de l’immeuble
« Logirep nous a expliqué être en mesure de proposer une rénovation complète de l’immeuble en site occupé », explique désormais l’édile qui attend les visuels du projet d’ici la fin de l’année. Une rénovation qui ne sera pas uniquement esthétique puisque la ville évoque également des travaux d’isolation pour faire baisser les charges locatives.
« À ce jour, il a en effet été acté un projet de réhabilitation en site occupé », répond Hervé Minjon, directeur général adjoint du groupe Polylogis, dont Logirep est une filiale, avant de poursuivre : « Nous engageons activement les études relatives à ce projet. Notre volonté première sera de communiquer en priorité avec les locataires de la tour et les riverains ».
Du côté de l’opposition, qui plaide depuis quatre ans pour la réhabilitation de l’immeuble, le revirement de la municipalité fait grincer. « La majorité municipale se prend le principe de réalité en pleine figure. Mais ce sont les Levalloisiens qui sont les victimes de cet amateurisme », tacle Lies Messatfa (Levallois d’Avenir). « Nous expliquons depuis quatre ans que les contraintes d’une telle démolition ne sont pas compatibles avec son environnement, ajoute-t-il. C’est quatre ans de perdu… »
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