Au cœur de la gare ferroviaire de Monaco, une rubalise rouge et blanche barre l’accès aux six ascenseurs principaux permettant aux travailleurs de rallier le quartier de Monte-Carlo. Tous hors service depuis au moins le 12 octobre.
À deux pas, une affichette en explique vaguement la raison : « En raison des travaux de terrassement à proximité de ces ascenseurs, nous sommes dans l’obligation de les maintenir à l’arrêt. Nous vous invitons à emprunter les ascenseurs du parking en suivant le fléchage en place ».
Problème, aux heures de pointe, cette déviation piétonne et ces ascenseurs de plus petite capacité ne sont en pas en mesure d’absorber le flux. Et une file d’attente se forme alors. « Pour ne pas arriver en retard au travail, je monte par les escaliers soit 252 marches jusqu’au pont Sainte Dévote, explique Anne-Laure, usagère quotidienne du train et salariée de la Principauté. On est tous à la queue leu-leu dans cet escalier très étroit. Ça peut vite être oppressant et dangereux mais, fort heureusement, il n’y a pas de gens qui descendent en même temps. Une de mes collègues préfère sortir de la gare au port Hercule le matin et prendre le bus à ses frais. »
« Fermeture tant qu’il n’y a pas un rapport établi et des mesures préconisées »
Parmi les déviations piétonnes mises en place, les ascenseurs du parking peuvent être utilisés par les usagers du train. Problème, leur capacité ne permet pas d’absorber le flux conséquent de personnes. Des files se forment et certains préfèrent monter les escaliers.Photo Yannis Dakik.
C’est le conseiller national Régis Bergonzi qui a soulevé cette problématique, ce lundi soir en séance publique consacrée au budget rectificatif 2023. « Ces ascenseurs en panne viennent encore rajouter de la difficulté pour ces travailleurs pendulaires essentiels pour l’attractivité de notre pays et pour notre dynamisme économique », a-t-il déclaré.
Céline Caron-Dagioni, conseiller de gouvernement-ministre de l’Équipement, de l’Environnement et de l’Urbanisme, a expliqué que la mise à l’arrêt de ces ascenseurs, « et non pas une panne », était liée au chantier Villa Lucia. C’est donc là, sur cette parcelle nichée au 35 pont Sainte Dévote, que des travaux de terrassement sont effectués en vue de construire un immeuble de 14 étages avec 9 luxueux appartements.
« Il y a eu des constats. L’Apave est ensuite venu. On a arrêté le chantier pour vérifier pourquoi il y avait des désordres et des capteurs ont été mis dans la gaine d’ascenseurs pour vérifier si, à la reprise du chantier, il y a dégradation ou pas. Il y a eu un constat d’assurance entre deux tiers et l’État a réagi dans son rôle régalien de mise en sécurité d’autrui en provoquant la fermeture tant qu’il n’y avait pas un rapport établi et des mesures préconisées sous contrôle de l’Apave », a résumé Céline Caron-Dagioni.
On ignore, donc, quand seront remis en service ces ascenseurs.
Les commentaires sont fermés.