La copie à l’identique d’une Piéta du XVIe siècle, réalisée par l’atelier qui a fait Lascaux 3 et 4, dévoilée en Dordogne

C’est l’histoire d’une absence. D’une longue attente. Jeudi 19 octobre, le rideau est tombé au château de Biron, en Dordogne, propriété du Département, en dévoilant une réplique de la sculpture Piéta avec donateurs. Ce joyau de la Renaissance française, datant de 1504, a retrouvé sa place dans la chapelle seigneuriale.

Créée par un artiste anonyme, l’œuvre représente une scène biblique. Marie, éplorée, tient sur ses genoux le corps de Jésus, au moment de la descente de croix. Son original trône depuis 1907 au Metropolitan Museum of Art (MET) de New York.
La copie d’un autre trésor du château, la sculpture La mise au tombeau du Christ, qui, elle aussi, fait partie des collections du MET, devrait, quant à elle, être présentée au public dans environ un an.

Restituer l’émotion Une réplique de la Piéta a été installée dans la chapelle du château de Biron.

Ce projet exceptionnel est l’aboutissement d’un partenariat entre le musée new-yorkais et le département de la Dordogne, propriétaire du château de Biron, conclu le 15 février 2023 par un accord de reproduction des œuvres pour un montant de 24.000 €. Auparavant, les deux sculptures étaient déjà soumises aux premiers essais technologiques en 2022.

La réplique de la Piéta a repris sa place jeudi 19 octobre, lors d’une cérémonie sobre et chaleureuse. La conservatrice du MET de New-York Lucrèce Kargere, qui devait y assister, a dû, hélas, renoncer au voyage, bloquée à l’aéroport d’Amsterdam après une alerte à la bombe.L’imposante bâtisse du château de Biron est propriété du département de la Dordogne qui en a fait un centre d’art contemporain.

Copiée à l’identique 

Grâce à la technologie 3D, la sculpture a été copiée à l’identique par l’Atelier des fac-similés du Périgord (AFSP), celui à qui on doit déjà la restitution magistrale des grottes de Lascaux 3 et 4. Avec un objectif noble et exigeant, figurant dans l’ADN de ce fleuron du savoir-faire à la française : « restituer toute l’émotion qu’une œuvre d’art peut transmettre, en toute objectivité et dans toute sa perfection. »

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« On n’a jamais fait du statuaire avant, on s’est demandé si on allait y arriver, explique le coordinateur de l’Atelier, peintre et plasticien, Gilles Lafleur. Le Metropolitan Museum of Art nous a fait de la photogrammétrie (*). Ils nous ont envoyé 1.600 photos en haute définition permettant de reconstituer tous les volumes. »

Au Metropolitan Museum of Art, la Piéta est dans une niche, rendant inaccessibles certains endroits de la sculpture, notamment à l’arrière des personnages. Il a fallu de l’imagination pour reconstituer cette partie.

Gilles Lafleur (empty)

Un challenge artistique et humain

Ensuite, l’Atelier périgourdin a procédé à une impression en 3D en très haute définition. La sculpture a été reproduite en une vingtaine de morceaux en résine qui, tous réunis, pèsent plusieurs tonnes. Après ce travail purement technique, les artisans ont travaillé sur la patine, les traces que le passage des siècles a laissées sur les deux sculptures.

« Il a fallu mastiquer, poncer, sans enlever tous les détails, puis travailler avec des enduits successifs. Il y avait aussi plein de ‘graffitis’. Sur le casque ou le visage de la Vierge, des gens du XVIIIe ou XIXe ont inscrit leurs noms. On a reproduit tout ça, comme une multitude de petits éclats », souligne Gilles Lafleur.Les artistes – artisans de l’Atelier des fac-similés du Périgord ont reproduit la  Piéta à l’identique, même avec ses « graffitis » datant du XVIIIe et de XIXe siècle.
 

Le diable se cache dans les détails 

À l’Atelier des fac-similés du Périgord, ont travaillé sur ce projet notamment un résineur et quatre peintres. « L’impression en 3 D nous a pris trois mois de travail, puis on a fait les finitions et les retouches, de mars jusqu’à avant-hier (mercredi 18 octobre, Ndlr). On a travaillé jusqu’au dernier moment pour reproduire les moindres détails. Parce que l’émotion, l’âme d’une œuvre, se niche justement dans les détails. »

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(*) Une technique de mesure qui consiste à déterminer la forme, les dimensions et la situation d’un objet dans l’espace à partir de plusieurs prises de vues photographiques.

Texte : Dragan Pérovic

Photos : Stéphanie Para

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