Récurrence des accidents mortels en Guinée : des citoyens de Conakry dénoncent et tirent la sonnette d’alarme
La Guinée a été endeuillée ces derniers jours par 3 accidents sur la voie publique, avec au moins 10 morts et de nombreux blessés. Ces accidents se sont produits à Konkouré, dans la préfecture de Mamou (3 morts), à Somayah, dans Coyah (2 morts) et Koundara (6 morts). Des citoyens de Conakry, interrogés ce jeudi 19 octobre 2023, regrettent ces cas de morts et évoquent de nombreuses raisons pour expliquer cette récurrence des accidents.
Le non-respect du code de la route, l’indiscipline, les agissements de la sécurité routière sont entre-autres raisons qui reviennent souvent pour expliquer la récurrence des accidents sur la voie publique.
Mariame Dalanda Baldé trouve alarmant ces accidents qui endeuillent de nombreuses familles à travers le pays. « C’est alarmant de voir des personnes mourir ou affaiblies physiquement par des accidents de la route. J’ai un sentiment de tristesse. L’Etat ne joue pas son rôle et les conducteurs n’ont aucune base du code de la route. Si chacun jouait son rôle, on aurait évité ce fléau qui finit par nous détruire. Aux conducteurs, apprenez le code de conduite tout en évitant de rouler en excès de vitesse. Les conducteurs de poids lourds doivent vérifier leurs camions pour plus de sécurité, éviter l’abus d’alcool au volant et surtout l’utilisation des téléphones », conseille-t-elle.
Pour sa part, Mohamed Traoré pense que le secteur du transport connaît un manque d’organisation et trouve normal qu’on en parle. « Pour moi, avant de passer aux conseils, il est important qu’on décline les raisons liées à cela. La première raison, à mon sens, c’est le manque d’infrastructures routières. Ça fait aujourd’hui que ça va dans tous les sens et nous assistons à tout ce bazar. La deuxième raison, c’est le manque d’éducation, d’information. Beaucoup aujourd’hui ne passent pas par l’auto-école, comme c’est le cas dans d’autres pays. Ils apprennent dans le quartier avec les amis et tout, après ça va dans tous les sens. Dans un pays normal, ce qu’il faut faire, c’est d’organiser et de sensibiliser pour que tout le monde comprenne et que le bon sens continue. Mais dans un pays comme chez nous, chacun fixe ses règles. On est roi de la circulation, on ne mesure pas les maux dont souffrent les autres sur la route. Il faudrait que l’État rentre en jeu et prenne son bâton de pèlerin pour pallier tout cela. Mais il faut construire suffisamment d’infrastructures routières. Deuxième conseil, il faut amener les gens vers les auto-écoles pour maîtriser les codes et la circulation, les feux de signalisation, comment rouler de telle à l’heure… Lorsque vous empruntez ce type de route ou de chaussée, comment se comporter lorsqu’on est dans la circulation avec toute la courtoisie qui sied. Ce sont des conseils qu’il faut apprendre. Il faut amener les gens vers les institutions spécialisées. Après, il faudra que l’État, de gré ou de force, amène les citoyens à mesurer la portée et l’importance du respect du code de la route. Donc, l’État doit travailler avec les services spécialisés, la police notamment. Mais puisque chez nous, généralement la police elle-même est source de pagaille et de problème. Du coup, il faut régulariser la police, les agents sur la circulation. S’il faut les payer suffisamment afin qu’ils cessent de s’arrêter n’importe comment sur la circulation, il faut le faire. Si non, s’ils arrêtent plusieurs personnes sur la circulation, ça crée des embouteillages et de la pagaille… ».
De son côté, Aïcha Camara dit ressentir un sentiment de désolation face au non-respect du code de la route. « La plupart des conducteurs, de nos jours, ignorent le code de la route d’où la cause de la récurrence des accidents routiers. Mis à part le code de la route, l’excès de vitesse, la mauvaise conduite, le manque de discipline des conducteurs sont, entre-autres, à la base des accidents. De ce fait, les conducteurs doivent apprendre à cœur le code de la route, être prudents, disciplinés. Ils doivent également réduire l’allure dans la conduite et surtout éviter de doubler les 3èmes positions qui entraînent le plus les accidents de la circulation », a lancé Aicha Camara.
Même son de cloche chez Simon Pierre Lamou qui dénonce le non-respect du code de la route et dénonce le comportement des agents de la sécurité routière. « Tout le monde est pressé et ce qui encourage cela, c’est parce que les policiers aussi ne font pas bien leur travail. Lorsqu’ils t’arrêtent, il suffit de sortir un peu d’argent. Alors que la loi dit que ce n’est pas à leur niveau qu’il faut payer. Ils doivent te verbaliser, confisquer l’engin et puis tu vas au trésor tu paies, tu viens avec le reçu, ils te rendent ton engin pour te le remettre. Dans la pratique, généralement là où on t’arrête, tu donnes un peu d’argent, et puis il te laisse partir. Donc, ça fait que les gens n’ont plus peur de faire des contraventions, ils roulent comme ils veulent parce qu’ils se disent qu’à tout moment, même si on les arrêtait, il suffit de sortir quelques billets. L’autre observation aussi, on a l’impression que beaucoup n’ont pas fait d’auto-écoles pour apprendre à conduire. Donc, ça fait qu’il y a des notions qu’ils ne maîtrisent pas, ils conduisent comme ils veulent, ils ne respectent absolument rien… ».
Pour sa part, Aboubacar Sidibé interpelle les conducteurs. « Le non-respect du code de la route provoque beaucoup d’accidents dans la circulation. Ça provoque de l’indiscipline. Lorsqu’on vient dans un pays, si on veut savoir si le pays est organisé, discipliné, il suffit juste de voir la circulation. Ce que je demande à tous les conducteurs, c’est d’être respectueux du code de la route, de respecter les panneaux de signalisation. Cela peut nous éviter beaucoup de catastrophes, d’accidents. Donc, lorsqu’on est derrière le volant, il faut mettre en-tête que tu as la vie de beaucoup de personnes dans ta main. Il faut éviter de téléphoner aussi lorsqu’on conduit. Les autorités aussi doivent prendre leurs responsabilités, équiper la police, bien payés la police pour qu’elle puisse bien faire son travail ».
Mohamed Saliou Diallo regrette également la récurrence des accidents sur la voie publique. « C’est un sentiment de regret de constater aujourd’hui que la violation est répétitive du code de la route. Mais il faut savoir que cette violation a plusieurs raisons. Si nous prenons du côté des autorités, il faut d’abord vulgariser le code de la route dans toutes nos langues pour permettre aux citoyens de comprendre son contenu. Après cette vulgarisation, il faut procéder à une sensibilisation des citoyens. Puis, passer quand même à l’application des textes. De l’autre côté, il faut le dire, les citoyens aussi doivent être responsables. Le respect de ces textes les aide beaucoup parce qu’avec ce respect, ça va diminuer les accidents de la route, ça va diminuer tout ce que nous sommes en train de constater dans la circulation puisque que vous n’êtes pas sans savoir que la route est en train de tuer plus que le paludisme parce que la route a endeuillé plusieurs familles. Pour terminer, je dirai qu’il faut que les autorités à tous les niveaux, chargées de l’application de ce texte, de s’appliquer et de chercher à appliquer cette loi, avec pédagogie et permettre à nos citoyens de connaître le contenu du code ; en deuxième lieu, de les pousser à respecter ce code. Le respect de ce code va nous permettre de diminuer les accidents de la circulation, d’aider à la fluidité dans la circulation. De l’autre côté, le constat est très amer surtout du côté des policiers qui se permettent parfois même de prendre de l’argent avec les usagers de la route. Moi, je pense que c’est une chose qui doit s’arrêter… »
Kadiatou Barry pour Guineematin.com
Tél : 628286119
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