L’inflation. Le mot est sur toutes les lèvres depuis la rentrée. D’autant plus quand cette problématique économique oblige même les parents à faire des choix dans les activités extrascolaires des enfants. Une situation loin d’être inédite mais qui prend une tournure particulière cette année, face aux budgets de plus en plus serrés des foyers. De quoi représenter un casse-tête pour certains ménages.
Selon une enquête réalisée par la confédération syndicale des familles en 2020, le coût moyen de l’inscription à une activité extrascolaire s’élève à 134 € par an. Ces frais varient d’un club et d’une activité à l’autre. Le prix moyen de l’équipement s’élève, lui, à 55 € par an, toutes activités confondues.
Les centres de loisirs, les centres de quartiers et les municipalités proposent toutefois des activités adaptées aux revenus des familles, avec une participation au quotient familial. La donne est différente dans le privé. Si des aides sont disponibles pour les foyers les plus modestes, beaucoup n’en bénéficient pas : « Mon fils de six ans pratique deux activités le mercredi, plus des ateliers pendant les vacances, explique Dominique, attablé au centre culturel Una Volta, à Bastia, en attendant la fin des activités de son fils. Cela nous coûte 700 euros par an. C’est un effort financier mais c’est un avant tout un choix familial et d’éducation. Mais je peux comprendre que cela soit compliqué pour d’autres bourses. »
C’est le cas de Dumè, qui avoue faire des choix pour ses deux adolescents de 12 et 14 ans, face aux prix proposés : « Il fallait dépenser 900 euros pour les activités d’été. Nous avons été obligés de renoncer parce qu’il fallait, en plus, payer en une fois. C’était trop pour notre budget. Nous dépensons déjà 300 euros pour deux licences de basket. On ne peut pas faire n’importe quoi. Les activités extrascolaires, c’est un gros budget. Pourtant nous travaillons tous les deux. Mais nous n’avons le droit à aucune aide. Ce n’est pas logique. C’est ce qui nous pousse à ne pas nous tourner vers des sports onéreux. »
« Nous avons une vocation sociale »
Du côté des structures culturelles, sportives et associatives, conscients de ces difficultés, on privilégie avant tout l’aspect social : « Nous avons des prix attractifs avec 160 euros par an et par enfant pour un atelier, avance Anne-Christine Ramelli, responsable des ateliers jeunesse à Una Volta. Les gens paient souvent en plusieurs fois. Nous sommes plutôt souples sur ce plan-là. On tient aussi à ce que les tarifs de groupe restent attractifs. » Même politique du côté de la Compagnie d’arc Bastia, un club de tir à l’arc : « La licence est à 100 euros et nous prêtons le matériel au début, explique Augustin Duchaud, président du club. Nous avons aussi lancé une bourse aux arcs où nous rachetons le matériel des enfants qui ne viennent plus au club. Nous les proposons à la revente d’occasion, avec la possibilité de payer en plusieurs fois. Nous avons aussi une vocation sociale. » Reste que dans les cas de parents ayant plusieurs enfants, la note peut très vite monter : « C’est un budget onéreux, reconnaît Marie-France, maman de deux filles de 3 et 6 ans. Nous en avons pour 800 euros de danse sur l’année. Il y a aussi les cours de dessin et le tennis en plus pour les vacances. Heureusement que nous pouvons payer en plusieurs fois. Les structures sont quand même à l’écoute. »
D’autres y voient néanmoins des prix plus avantageux que ceux pratiqués sur le Continent : « Je connais les tarifs pratiqués sur le Continent, confie Laetitia, maman d’un petit garçon de quatre ans. Et ici, ils sont corrects. Je comprends que cela soit compliqué avec les prix demandés par les structures privées, mais l’offre dans le public ou l’associatif nous satisfait largement et ne pèse pas plus que ça dans le budget. »
Une chose est sûre, tous les parents interrogés sont prêts à faire ce sacrifice financier pour leurs enfants.
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