Numana testera la communication quantique au Québec

Un banc d’essai de communication quantique va se déployer au Québec. Les débouchés de cette technologie pourraient un jour renforcer la sécurité des communications informatiques.

Le projet qui portera le nom de Kirq, en l’honneur du personnage de la série Star Trek, sera déployé dans les villes de Montréal, Sherbrooke et Québec. Des entreprises pourront faire des tests sur le réseau géré par l’organisme sans but lucratif Numana.

Son président-directeur général, François Borrelli, donne l’exemple des institutions financières qui pourraient faire des tests sur la sécurité de la communication. « On a approché des banques, explique-t-il en marge de l’annonce d’un soutien financier de la part du fédéral et du Québec. On commence à leur parler. On leur dit : “c’est le temps de commencer à sécuriser ça”. »

« Ce banc d’essai là va permettre aux banques de tester en dehors de leur réseau, avec des fournisseurs, des gens qu’ils connaissent, sur un banc d’essai que même si ça plante, ce n’est pas si grave que ça. »

Le développement de la communication quantique pourrait amener l’essor d’un moyen de transmission de l’information qui serait plus sécuritaire en vertu des lois de la physique quantique, explique Martin Laforest, directeur de la stratégie quantique pour l’incubateur ACET, qui a conseillé Numana dans son projet.

En théorie, la loi de la physique ferait en sorte qu’une personne qui tenterait d’intercepter une communication quantique causerait des perturbations qui seraient perceptibles, explique-t-il en marge de l’annonce. Il serait donc possible de vérifier si le canal de communication est sécurisé avant de transmettre des informations. « Fondamentalement, tu ne peux pas mesurer ou regarder un comportement quantique sans le perturber. »

La communication quantique offrirait donc une plus grande confidentialité que la technologie du cryptage, utilisée aujourd’hui. D’ailleurs, le développement de l’ordinateur quantique créera inévitablement une brèche dans l’armure des communications cryptées, en résolvant les mathématiques complexes qui protègent l’information. « Une fois qu’ils vont être bâtis assez gros [les ordinateurs quantiques], notre sécurité d’aujourd’hui est désuète, prévient M. Laforest. Ça prend des solutions de rechange. »

« On revient à sécuriser l’information en utilisant la nature [les lois physiques de l’informatique quantique] plutôt que des mathématiques qui sont potentiellement solvables, résume-t-il. Tu ne peux pas changer les comportements de la nature. »

Une aide de près de 10 millions $

Le fédéral et Québec ont annoncé, lundi, qu’ils apporteraient respectivement un soutien de 3,6 millions $ et de 6,5 millions $ à ce projet de 13 millions $.

Le Québec a identifié l’informatique quantique comme un secteur porteur pour l’économie, souligne le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon. Il a donné en exemple le lancement récent de l’ordinateur quantique d’IBM à Bromont.

La ministre responsable de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, Soraya Martinez Ferrada, a souligné que le secteur de l’informatique quantique pourrait entraîner la création de 229 000 emplois au Canada d’ici 2040, dont 45 000 au Québec.

La Corée du Sud et la Chine ont déjà des réseaux commerciaux de communication quantique. Le Canada ne serait pas en retard, mais « il est temps qu’on bouge aujourd’hui », lance M. Borrelli.

« Il n’y en a pas encore en Amérique du Nord qui sont faits [des réseaux commerciaux], donc ce serait possiblement disponible. Il faut juste trouver les bons modèles d’affaires. Le banc d’essai sert aussi à informer les utilisateurs, comme les banques, qu’ils peuvent utiliser ces technologies-là. »

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