Inquiétude autour des Mondiaux jeunes à Bangkok
« Mentalement on a pris un coup au moral », explique l’homme de 60 ans à la carrure imposante mais à la voix douce. « À l’heure actuelle, je devrais être en Algérie pour préparer les championnats du monde avec mes équipes de jeunes et les féminines, mais nous sommes suspendus à une décision politique qui arrivera on ne sait quand. »
Pour Kerdjou, la non-remise par les autorités algériennes des traditionnels maillots arc-en-ciel aux champions du monde de sport boules à l’issue des Mondiaux U18 et U23 qui se sont terminés le 23 septembre à Oran, au motif que les tuniques faisaient penser au drapeau des LGBTQIA +, n’aurait jamais dû impacter les pétanqueurs ni les pratiquants de la raffa volo. « Ce sont des choses qui nous dépassent, nous les sportifs. Mais on n’est que des pions pris en otage et on ne peut rien dire, ni faire grand-chose, si ce n’est attendre que la situation se débloque. » Une sortie de “crise’’ qu’il espère la plus rapide possible, compte tenu des échéances sportives à venir.
Kerdjou : « Porter ce maillot, c’est un rêve »
En particulier les championnats du monde jeunes, qui auront lieu du 22 au 27 novembre, soit dans un petit mois. Une compétition que Malik Kerdjou et le staff algérien préparent depuis leur arrivée aux manettes des équipes nationales algériennes il y a 15 mois. « Nous avions tout structuré et organisé plusieurs stages pour passer de 83 joueurs potentiellement sélectionnables à 12 sélectionnés », raconte le Valentinois, qui insiste sur le fait que depuis cette réorganisation de la pétanque, l’Algérie qui n’avait rien gagné depuis 1992 avait repris sa moisson. « Au Jeux Panarabes cet été, on a eu 2 médailles d’or et 3 d’argent, et aux Mondiaux on a pris une médaille de chaque métal », poursuit le président de la pétanque du Polygone.
Compte tenu du contexte politique, et puisque Bangkok approche, ce dernier redoute que le timing soit au final trop juste pour emmener ses protégés à la conquête d’un titre mondial. « Ils sont très tristes et craignent que leur rêve leur passe sous le nez ». Une position que Malik Kerdjou comprend très bien : vice-champion du monde en triplettes en 1984 à Rotterdam, ce dernier regrette encore de n’avoir jamais pu porter la tunique arc-en-ciel. « Pour tout joueur, c’est évidemment un rêve car c’est un maillot historique et mythique comme pour le vélo. »
Aujourd’hui, ce dernier s’en remet à la Fédération internationale et espère que cette dernière reviendra sur sa sanction.
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