Publié le 26 oct. 2023 à 6:00
En un an, les factures de gaz et d’électricité des acteurs du GHR (cafetiers – hôteliers – restaurateurs) ont été, pour certaines, multipliées par quatre. L’Union européenne s’est enfin saisie du sujet de la réforme du marché de l’électricité , mais nous attendons avant tout des actes.
Cette envolée insensée du coût de l’énergie grevait hier la trésorerie de nos entreprises et menace aujourd’hui leur pérennité. A l’approche de l’hiver, la situation s’annonce intenable… Sauf si le gouvernement agit enfin pour redonner de l’air à nos entreprises, autrement que par des mesurettes correctives insuffisantes : nous appelons toutes les PME de France à s’unir pour exiger que la France retrouve au plus vite son autonomie énergétique.
Les restaurateurs, traiteurs et hôteliers sont un maillon essentiel de la vitalité de notre pays. Une vitalité qui dépasse l’enjeu d’attractivité touristique puisqu’elle se transforme en lien social du quotidien. Les hôtels, les restaurants, les bistrots, les brasseries, les étoilés, les enseignes récentes ou historiques, modernes ou pittoresques, les guinguettes du bord de Marne ou les cafés du Canal Saint-Martin sont autant de bulles de bonheur, de sociabilité, de bien-être pour les Français et les touristes. La douloureuse expérience du Covid nous rappelle à quel point un monde sans ces lieux générateurs de commun, n’est pas souhaitable.
Patrimoine touristique
Aussi, la France est un pays dont le rayonnement international a peu d’équivalents. Nous en sommes fiers et nous souhaitons maintenir ce rang. En 2022, 44 millions de touristes ont foulé le sol parisien et francilien. Gastronomie, patrimoine, Histoire, mode, culture. La France fascine et attire, et c’est tant mieux.
Malgré cette attractivité mondiale, nous sommes en danger. Un danger économique qui menace toute une filière, car l’étau provoqué par le coût de l’énergie n’est plus tenable. Les risques de fermetures ne sont ni des exagérations ni des mirages. Elles sont réelles. Le secteur de l’hébergement et de la restauration compte parmi ceux dont le nombre de défaillances d’entreprise est le plus fort, avec un triste record de 6.998 faillites comptabilisées en juillet dernier, et l’année n’est pas finie.
Le temps de l’action
À la hausse des matières premières, les coûts des salaires, la difficulté de rembourser les prêts garantis par l’Etat, s’ajoutent désormais la hausse des prix de l’énergie qui met la filière sous pression continue. Cette épée de Damoclès doit ouvrir les yeux des décideurs politiques. En France, la filière restauration représente 650.000 salariés et un chiffre d’affaires de plus de 70 milliards d’euros. Personne ne veut qu’elle s’essouffle, mais personne n’ose prendre les décisions indispensables à sa survie.
Les pouvoirs publics jouent la montre. Il est temps d’agir. Le GHR Paris-Ile-de-France, première organisation patronale de la branche CHR à Paris et en Île-de-France en appelle à la raison et au courage pour défendre ce qui fait la fierté de notre pays : son sens de l’accueil et la qualité de sa gastronomie. L’extension du bouclier tarifaire à toutes les PME-PMI ne devrait plus être le coeur des débats : il est insensé qu’elle ne soit pas déjà mise en place, non pas comme mesure corrective, mais comme palliatif, le temps de prendre la seule décision utile pour retrouver notre autonomie énergétique.
Autonomie énergétique
Nous demandons la sortie immédiate de l’Arenh , afin que la France retrouve son indépendance énergétique sur le gaz et l’électricité. Le mécanisme Arenh arrive aujourd’hui à bout de souffle. Il comporte de graves défauts et déstabilise profondément le tarif réglementé de vente d’énergie. La France a les moyens d’être autonome, de produire sa propre énergie et d’en contrôler les coûts. Ce sont les entreprises, les forces vives de notre Nation, qui payent le coût de sa captivité d’un marché aux intérêts financiers, qui ne devraient jamais dépasser les intérêts nationaux.
Nous lançons un appel à toutes les organisations professionnelles, afin que nous prenions collectivement notre destin en main. Ensemble, parlons d’une même voix pour exiger ce moratoire. Nous refusons de mourir à petit feu. Notre appel concerne toutes les PME de France. Le coût de l’énergie n’augmente pas uniquement dans les cuisines des restaurants et des hôtels, c’est une réalité menaçante qui risque de tordre tout un écosystème économique. La France ne sera plus la même si toutes ces entreprises – aujourd’hui vulnérables, sont obligées de mettre la clé sous la porte. Nos entreprises veulent vivre.
Pascal Mousset est président du Groupement des hôtelleries et restaurations Paris Île-de-France.
Valérie Saas-Lovichi est vice-présidente du Groupement des hôtelleries et restaurations Paris Île-de-France.
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