À Amiens, l’ancienne championne de patinage Sarah Abitbol sensibilise aux violences sexuelles dans le sport
C’est un témoignage fort qu’est venue livrer Sarah Abitbol, ce jeudi soir, à Amiens. L’ancienne championne de patinage artistique, violée par son entraineur pendant plusieurs années lorsqu’elle était adolescente, a été invitée par la Ligue des sports de glace des Hauts de France pour raconte son histoire et participer à l’encadrement d’un stage d’une trentaine de patineurs artistiques de la région.
Son livre, « Un si long silence », sorti en 2020, a entrainé une prise de parole dans le monde du sport sur les violences sexuelles. « C’est important de leur dire qu’un adulte n’a pas le droit de toucher à leur corps », confie Sarah Abitbol, qui a fondé l’association la Voix de Sarah, dans un entretien à France Bleu Picardie.
À qui s’adresse votre discours, votre témoignage ?
Sarah Abitbol : « Mon discours s’adresse à tout public : éducateurs, parents, adolescents, enfants. Bien sûr, en fonction de l’âge des enfants, on modifie un petit peu la conférence. Par exemple, le documentaire d’une heure et demie qui est passé sur France 2, on ne le met pas quand ce sont des enfants de sept ou huit ans, parce qu’il me paraît trop fort dans certains propos et peut être perturbant pour des jeunes enfants.
Comment sensibilisez-vous justement des enfants de sept ou huit ans ? Quels mots utilisez-vous ?
Quand je parlais à ma fille qui à l’époque avait huit ans, j’ai cherché des exemples. Je me suis dit que les parties intimes, on va les appeler les petits trésors parce que je trouve que c’est un mot important, fort. Je leur dis qu’un adulte n’a pas le droit de toucher au petit trésor, et leur raconte que mon entraîneur, malheureusement, était venu dans la nuit me voir et qu’il avait touché mon corps, ce qu’il n’avait pas le droit de faire. Je reste vraiment sur des mots très simples. Après, s’ils veulent me poser plus de questions, j’y réponds.
Il faut sensibiliser à tout point de vue parce que malheureusement, il peut y avoir des problèmes intrafamiliaux, des problèmes avec un prof de natation, un éducateur, un bénévole, ce n’est pas forcément l’entraîneur de patinage artistique. C’est important de les sensibiliser pour qu’ils comprennent que ça peut arriver et que si quelque chose de pas normal arrive, il faut en parler tout de suite.
Quels conseils pourriez-vous donner aux parents pour que personne ne soit laissé seul ?
C’est important pour les parents d’en parler dès le plus jeune âge à leurs enfants. On sait que ce n’est pas facile d’aborder le sujet. Lorsque j’ai parlé, j’ai brisé le silence, un papa est venu me voir et m’a dit « j’ai deux filles, une de douze ans et une de quatorze ans, je n’avais pas pensé à les sensibiliser parce que je me disais ça n’arrive qu’aux autres. » On peut sauver des situations et essayer de ne pas passer à côté de quelque chose d’important. Donc, dès le plus jeune âge, je pense que c’est important de leur dire qu’un adulte n’a pas le droit de toucher à leur corps.
Il faut quand même avoir confiance dans le sport parce que le sport, c’est une école de la vie. Moi, le sport m’a sauvée quand j’étais à Holiday On Ice, que j’étais très mal en 2004, que tout est sorti de ma mémoire traumatique et que les seuls moments de répit étaient sur la glace et que j’étais applaudie par le public. Ces moments là m’ont sauvée. Tous les entraîneurs ne sont pas à mettre dans le même panier.«
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