Plusieurs pays contributeurs de la force en attente ne sont plus en état d’alerte. « La Cédéao s’est dégonflée », ironise Wakat Séra qui se félicite que l’organisation semble tourner le dos à une opération reposant sur « l’affrontement entre frères d’armes de la sous-région » et dont « les morceaux auraient été difficiles, voire impossibles, à recoller. » Fort heureusement, considère le journal, le président en exercice de la Cédéao, Bola Tinubu « s’est rendu compte qu’il avait confondu vitesse et précipitation. » Ne reste donc qu’une option : « seule la voie sage des négociations accompagnera la batterie des mesures prises contre les putschistes de Niamey » qui ont pris le pouvoir il y a trois mois tout juste.
Trois mois c’est « peut-être trop tôt » pour tirer le bilan, de l’aveu même de L’Observateur Paalga qui se prête tout de même à l’exercice et salue, lui aussi, l’éloignement de la menace militaire de la Cédéao, « seule victoire notable », regrette le journal, particulièrement accusateur.
Sur le plan sécuritaire ? Pas vraiment d’amélioration, « bien au contraire », tacle le titre burkinabè. Dans le domaine économique ? Les sanctions régionales « ont plombé du jour au lendemain la situation économique du pays. » Ce dont la population souffre au premier chef, même si, croit savoir L’Observateur Paalga, « les nouvelles autorités s’en lavent les mains, préférant rejeter la responsabilité sur ceux qui sanctionnent que sur ceux qui en sont la cause. »
Une analyse que semble partager Wakat Séra, désolé « pour les populations prises en otage par les militaires nigériens », d’autant que « les sanctions toujours en œuvre se corsent par un arsenal de mesures à l’Union européenne. » Alors le journal burkinabè a un dernier conseil pour les militaires au pouvoir : « il urge de passer au rétablissement de l’ordre constitutionnel. »
Tournant décisif pour le Sénégal
C’est ce qu’écrit SenePlus, à tout juste 4 mois de la présidentielle. Avec, au centre de l’attention toujours, les turpitudes d’Ousmane Sonko qui, rappelle le site, « reste empêché de participer malgré une décision de justice en sa faveur. » En fait, pour l’instant, la bataille judiciaire autour de la radiation, ou non, du leader du Pastef des listes électorales, se poursuit. Et la grève de la faim d’Ousmane Sonko, hospitalisé cette semaine, pourrait encore échauffer les esprits.
Le Point Afrique ne cache pas son inquiétude : « avec la candidature de Sonko, le Sénégal se trouve à un point de bascule » estime le magazine qui se remémore les transitions « chaotiques à chaque changement de pouvoir. » Or Sonko « a su s’imposer comme le champion de la jeunesse sénégalaise… » Alors, certains observateurs contactés par le Point craignent un éclatement, préoccupation partagée par SenePlus qui voit dans ce scrutin autant un « tournant décisif » pour le pays qu’une « épreuve » traversée par la démocratie sénégalaise.
Organiser la CAN 2024 : véritable défi
Et les autorités ivoiriennes sont pour le moins fébriles, la compétition doit commencer le 13 janvier, autant dire « demain » selon un ministre cité dans les colonnes du Monde Afrique . Il y a donc « urgence », mais aussi « beaucoup à faire. » Et tout cela coûte cher, très cher : « au total, rapporte le quotidien, l’État a investi plus de 500 milliards de francs CFA pour la construction et la réhabilitation des infrastructures » – parmi lesquelles 4 stades sortis de terre, 24 terrains d’entraînement remis à neuf, des « villages CAN » construits à vitesse grand V ou encore la rénovation des routes entre les villes d’accueil.
En théorie, ces investissements « doivent profiter aux ivoiriens. » Mais il y a une crainte : celle de « scandales comme celui du bassin olympique des JO de Rio ou du village des athlètes des Jeux d’hiver de Sotchi, à l’abandon. » Bref, les autorités veulent éviter aussi bien l’humiliation sur la scène internationale que d’investir dans un « éléphant blanc » qui ferait tâche sur la scène intérieure.
Et pour être certain qu’à l’issue de la compétition, la population profite elle aussi des infrastructures, une seule solution pour un économiste rencontré par le Monde : mettre en place des mesures sociales, « lutter contre le racket des coupeurs de route », contre la corruption aussi…. Et surtout, « s’assurer du bon déroulement de l’événement » pour donner envie aux investisseurs de mettre la main à la poche.
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