Deux éminents historiens proposent, dans des ouvrages parus ces derniers mois, deux lectures de la France contemporaine.
Pour ce faire, ils font reposer leur analyse sur des éléments originaux: les manifestations populaires et la musique pour l’un, la chanson et les émissions de divertissement pour l’autre.
«Jours heureux», les sons que font les manifestations
Dans Jours heureux – Quand les Français rêvaient ensemble, l’historien Jean Garrigues livre une histoire de la République à travers ses fêtes et ses grands moments de liesse collective. Empruntant son titre au programme du Conseil national de la résistance, l’ouvrage propose une réflexion métaphorique sur les grandes manifestations qui, en France, ont symbolisé une forme de concorde nationale ou, tout du moins, étaient le lieu d’une liesse populaire.
Toute l’histoire de France –y compris celle de la République– n’est pas marquée par des moments d’euphorie collective. En effet, les jours tragiques du mois de juin 1848 –quand, du 22 au 26 juin, des ouvriers parisiens se sont révoltés pour protester contre la fermeture des ateliers nationaux– ont été marqués par la mort et l’exécution de plusieurs centaines de travailleurs. De même, l’avènement de la IIIe République s’est accompagné de la tragédie de la Commune.
Jean Garrigues distingue trois grandes phases: la période des révolutions, le temps de la République, qui court jusqu’à la Première Guerre mondiale, et celui des victoires, qui s’arrête au sacre de l’équipe de France de football en 1998. C’est surtout à partir de 1877 que les fêtes et les manifestations, qui peuvent être issues d’un dissensus national, deviennent a minima des formes de célébrations nationales, comme lors du Front populaire en 1935-1936 ou en mai 1968.
Inversement, l’historien pointe les grands moments d’œcuménisme à l’image de la célébration de la République en 1880 (année de la première fête…
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