Le Nouvelliste | Sylvie Tabesse : «Croyez-vous que si les gens voulaient vraiment se parler, trouver une solution, ils n’auraient pas pu le faire ?»

Le Premier ministre Ariel Henry, des membres de son gouvernement, des ambassadeurs, des membres du secteur économique et de la société civile ont pris part, le lundi 9 mai, à la Fête de l’Europe, célébrée à l’hôtel Montana à Pétion-Ville. Au-delà de l’ambiance de fête, la crise politique haïtienne et surtout l’insécurité se sont invités dans les discours du Premier ministre et de l’ambassadeur de l’UE en Haïti. Comme d’autres diplomates, Sylvie Tabesse renvoie la balle dans le camp des Haïtiens pour résoudre les problèmes haïtiens. Elle « souhaite que les Haïtiens s’unissent ». « Pour résoudre cette crise très profonde et qui semble se prolonger dans le temps, il faut absolument que les Haïtiens décident de se mettre ensemble pour affronter les défis énormes que confrontent le pays et pour travailler tous ensemble pour un développement pérenne au bénéfice de tous. Seuls les Haïtiens peuvent décider leur chemin vers la prospérité », a déclaré l’ambassadeur à quelques journalistes après la cérémonie officielle.


L’ambassadeur de l’UE en Haïti constate un manque de volonté de tous les acteurs de résoudre la crise. La communauté internationale, a-t-elle rappelé, est là juste pour « appuyer » les initiatives locales. «  C’est aux Haïtiens et Haïtiennes de dire : ça suffit ; unissons-nous et faisons un pays pour le bien de tous. La communauté internationale est vraiment là pour appuyer cette volonté, ce processus. Ce n’est pas nous qui allons le faire à la place des Haïtiens. Ce n’est pas notre rôle. En revanche, on est des amis sincères, des partenaires sincères, on appuie, mais n’oublions pas que cette décision, cette volonté, ce courage doit venir des Haïtiennes et des Haïtiens », a insisté Sylvie Tabesse.


Quel est le rôle de la communauté haïtienne dans la crise haïtienne ?


La communauté internationale est souvent pointée du doigt dans les crises politiques en Haïti, mais l’ambassadeur de France en Haïti, Fabrice Mauries, ne veut pas que l’étranger porte toute la responsabilité. « Nous avons notre part de responsabilité, mais nous n’avons pas toute la responsabilité, a répondu l’ambassadeur de France en Haïti, Fabrice Mauries. Et dire que c’est la faute de l’étranger, c’est un mensonge. Tout le monde le sait. Il y a des responsabilités partagées. Nous avons fait des erreurs. Nous avons cru par exemple que la présence de la Minustah allait régler tous les problèmes de sécurité dans le pays. La Minustah est partie, l’insécurité est devenue insupportable, c’était une erreur d’analyse. Nous ne portons pas entièrement cette responsabilité. »


Le Premier ministre veut des moyens de l’UE pour lutter contre l’insécurité


Intervenant à la cérémonie, le Premier ministre Ariel Henry a rappelé que son gouvernement s’était « engagé, dans le cadre de l’Accord du 11 septembre 2021, à organiser des élections générales dans les meilleurs délais afin de remettre la direction des affaires du pays par des élus librement choisis par le peuple haïtien. Pour y parvenir, l’amélioration de la situation sécuritaire du pays demeure un passage obligé.  Nous recherchons activement des équipements, des moyens et de la formation adaptée pour la Police nationale d’Haïti qui lui permettront de combattre plus efficacement les gangs qui paralysent certaines zones du pays, notamment au niveau de la capitale. Mais nos moyens sont limités. Nous ne demandons pas beaucoup. »


« En tant que partenaire fidèle et de longue date, l’Union européenne devrait envisager sérieusement de nous aider à trouver ces matériels qui font tant défaut à la PNH, a poursuivi le Premier ministre. Les cris de la population exaspérée parviennent jusqu’à nous et  devraient encourager nos partenaires de l’Union européenne à lui venir en aide.  Le peuple haïtien vous en serait reconnaissant. Sans le rétablissement de la sécurité, l’aide apportée à Haïti par l’Europe restera inefficace et inopérante. »


Le chef du gouvernement a indiqué qu’ « Haïti fait face au défi d’une stabilité politique et institutionnelle qui affecte l’attractivité économique et les investissements étrangers, indispensables à la création d’emplois et une meilleure qualité de vie pour la population ». « Dans ce contexte difficile, je vous demande de continuer à supporter Haïti qui fait face en ce moment à  une crise socioéconomique assez sévère. Certaines études et analyses estiment que plus de quatre millions de personnes sont en insécurité alimentaire dont plus d’un million en très grande précarité. C’est un défi majeur que mon gouvernement doit relever. Mais nous ne pourrons y parvenir qu’avec, entre autres, le support de nos amis de la communauté internationale dont ceux de l’Union européenne », a demandé Ariel Henry.


La réponse de l’UE est attendue.


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