Comment la Cannoise Wonderplace veut évolutionner l’expérience musicale

Louise Gaymard a une vision: celle d’un monde merveilleux où la musique n’est plus consommée mais se vit, grâce aux nouvelles technologies, comme une expérience mêlant numérique et physique. Bref, elle rêve de révolutionner l’expérience musicale.

Ce monde merveilleux est devenu réalité il y a quelques jours avec la mise en ligne de la plateforme Wonderplace. « C’est un hébergeur de NFT [non fungible token, jeton cryptographique, ndlr] de vidéos spécialisées dans la musique », explique cette jeune femme de 26 ans qui a créé en février à Cannes la société elle aussi appelée Wonderplace.

Traduction, cela signifie que la plateforme qui se situe à l’intersection de trois marchés en pleine expansion – la musique, la blockchain et les plateformes de partage de contenus – connecte artistes et auditeurs tout en revisitant l’engagement et la monétisation dans l’industrie musicale.

En mettant en ligne, leurs clips, concerts et autres performances live, les artistes ont une meilleure visibilité et surtout fidélisent leur fanbase. Ce qui n’est pas négligeable car la concurrence est rude. « Rien que sur Spotify, il n’y a pas moins de 60.000 nouveaux morceaux par jour », confirme Louise Gaymard. Les auditeurs, pour leur part, découvrent de nouveaux talents, peuvent également recommander et partager leurs coups de cœur avec les autres membres de la communauté. Surtout, ils participent à la carrière de leurs chouchous en achetant et collectionnant les NFT de leurs chouchous, d’où une source de revenus complémentaires pour ces derniers. Ces souvenirs numériques qui pourront être échangés ou revendus en Matic, la cryptomonnaie de la plateforme. Si un artiste fait un hit, c’est aussi une plus-value éventuelle pour les utilisateurs.

Cinq secondes

L’innovation de Wonderplace réside dans la possibilité pour le fan d’extraire les cinq secondes de son choix d’une vidéo ou d’un concert: « C’est la captation d’une émotion, une expérience musicale immersive gravée dans la blockchain, reprend Louise Gaymard, et on est les seuls à le faire sur le marché. » 

La fonctionnalité NFT sera disponible sur la plateforme dans le courant du mois de novembre. « On prévoit aussi pour la Saint-Valentin de pouvoir offrir ces souvenirs numériques. Un extrait qui chante “I love you”, c’est bien, non ?, sourit-elle. Le but est aussi de gamifier la plateforme pour fidéliser les utilisateurs. »

Top5

Wonderplace qui est hébergée çà la pépinière d’entreprises CréACannes s’adresse aussi aux créateurs de vidéos musicales, producteurs, labels, maisons de disques, attachés de presse, apporteurs d’affaires… Un secteur que la startuppeuse de 26 ans connaît bien pour avoir fondé en 2019 à Paris Silence Ephémère, un média mettant en relation artistes émergents et professionnels de la musique. Et elle s’appuie sur ce réseau pour faire connaître sa nouvelle aventure entrepreneuriale. « Quinze artistes nous contactent tous les jours pour qu’on mette en avant leurs vidéos. »

Si les artistes reçoivent 80% du revenu des NFT, Wonderplace prend les 20% restants en commission. Mais Louise Gaymard qui est membre de l’association Blockchain Innov a imaginé deux autres business models: la publicité – « que l’on swipe façon TikTok » – et l’abonnement premium qui proposera, entre autres, des contenus exclusifs « comme des lives de festivals et de concerts ».

La CEO fourmille d’idées pour que sa plateforme soit dans le top 5 des acteurs du numérique de la musique dans cinq ans. « Wonderplace devrait être rentable en 2026 et générer 100M€ dans cinq ans, avec un bénéfice de 20M€. » Et elle est persuadée que le NFT vidéo est l’outil de cette croissance. Elle le voit bien devenir un objet de décoration comme « un tableau numérique, une sorte d’hologramme ».

Pour atteindre ses objectifs, Louise Gaymard qui a été soutenue par Femmes Entrepreneuse Sud-Est, le dispositif d’accompagnement d’Orange, doit recruter pour structurer et internaliser la plateforme, développer le commercial, déposer les brevets, demander des aides européennes et gérer la levée de fonds de 500k€ qui lui permettra de tenir jusqu’à la fin 2024. Une levée de fonds qu’elle compte bien boucler avant le 1er janvier prochain auprès de business angels. « C’est un challenge, admet-elle, mais avec l’entrepreneuriat, j’ai signé pour une aventure. » Mais elle reste sereine parce qu’elle connaît la musique…

> wonderplace.tv

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