Le Sénégal sous le choc après l’exhumation et la profanation du corps « d’un homosexuel présumé »

 La tolérance brûlée ,  Ce pays perd son âme »,  Comble de barbarie »… Depuis lundi, les Unes de plusieurs journaux sénégalais témoignent de l’onde de choc ressentie à la vue des images de cette  Nuit d’horreur à Kaolack , une ville de 345 000 habitants, située à 200 km au sud-est de Dakar. Samedi soir, plusieurs centaines de personnes en furie ont exhumé, puis traîné le corps nu d’un homme, avant de le brûler devant une foule en liesse. Pourquoi un tel déchaînement ? La victime, inhumée la veille au cimetière du quartier Léona Niassène, était prétendument homosexuelle.

Une homophobie «instrumentalisée par les politiques»

Dès dimanche, les nombreuses vidéos relayées sur les réseaux sociaux ont conduit la justice sénégalaise à ouvrir une enquête pour identifier les coupables de faits  relevant de la barbarie . Plusieurs organisations de la société civile, dont Amnesty International, ont  condamné vigoureusement des incidents d’une extrême violence ». Les cas d’exhumation de deux personnes présentées comme homosexuelles avaient déjà été recensés en 2008 et 2009, dans le centre et l’ouest du pays. Depuis ? Rien. Selon les ONG, ces affaires ne sont tout simplement plus documentées.

Pour Seydi Gassama, le directeur d’Amnesty à Dakar, c’est symptomatique  d’une homophobie grandissante de la société, instrumentalisée par les politiques et alimentée par les médias et des prédicateurs rigoristes .

L’homosexualité, un délit

Au Sénégal, pays à 90 % musulman, les relations entre personnes de même sexe sont considérées comme un délit pénal passible de un à cinq ans de prison. En 2021 et 2022, des milliers de Sénégalais avaient manifesté dans la capitale pour réclamer un durcissement de la répression de l’homosexualité.

Ces derniers jours, de nombreux chefs religieux, à commencer par le khalife général de Léona Niassène, ont dénoncé l’exhumation, la qualifiant  d’interprétation déviante de la religion . Quatre individus, soupçonnés de faire partie des commanditaires, ont été arrêtés.

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