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William O’Neill, à l’issue de sa seconde visite en Haïti, « a peint un tableau sombre du pays », titre le National. « Plus de 500 000 enfants n’ont pas accès à l’éducation », et beaucoup n’ont plus d’accès à l’eau, à l’alimentation et à la santé, poursuit le journal. L’expert indépendant mandaté par l’ONU appelle les autorités à protéger les droits de ces enfants. Un autre appel retient l’attention du journal Le National, celui de l’évêque d’Anse-à-Veau et Miragoâne. Son courrier a été publié cette semaine par le journal. Le texte « mérite lecture et implique réflexions », selon Frantz Duval. Monseigneur Pierre-André Dumas souhaite « réveiller les morts-vivants que nous sommes devenus », souligne le journaliste qui remet en perspective historique l’état de « quasi non-société » dans lequel est plongé Haïti à travers la « désintégration du tissu rural », la « fuite de toute une génération d’Haïtiens. »
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« Tous les Haïtiens souhaiteraient fuir », dit l’un d’eux au site Clin d’œil info, qui a recueilli le témoignage de plusieurs de ces désespérés. Ils se confient sur ce long et coûteux chemin qui les mène de l’aéroport Toussaint-Louverture aux routes cahoteuses d’Amérique centrale. Une route autrement moins dangereuse que la traversée à pied de la jungle, mais qui coûterait « entre 2500 et 5000 dollars » selon les témoignages recueillis. « Au cours de ces dix derniers mois, environ 100 000 Haïtiens ont déjà quitté le pays », l’immense majorité pour les États-Unis, rappelle le média en ligne.
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Friture diplomatique avec Israël
L’offensive israélienne sur la bande de Gaza et les bombardements meurtriers contre le camp de Jabaliya mardi, menacent les relations avec certains États latino-américains. La Bolivie a décidé de rompre les liens diplomatiques avec Israël « en signe de rejet et de condamnation de l’offensive militaire israélienne agressive et disproportionnée menée dans la bande de Gaza ». De leur côté, le Chili et la Colombie ont rappelé leur ambassadeur respectif dans l’État hébreu. « Gabriel Boric durcit le ton contre Israël », titre le journal chilien en ligne Emol.
Le président du Chili, où l’on estime la population d’origine palestinienne à plusieurs centaines de milliers, a fait connaître sa position sur le réseau social X. « Israël ne respecte pas le droit international », a fait savoir le jeune président de gauche, en référence aux milliers de civils tués et blessés, en majorité des femmes et des enfants. Le dirigeant chilien « a aussi redit son appel à un cessez-le-feu à Gaza ainsi que sa condamnation sans équivoque des actions du Hamas », souligne la Tercera qui rappelle aussi que Boric avait précédemment qualifié de « barbarie » les actions d’Israël.
En Colombie, la décision de Gustavo Petro, l’autre président de gauche, de rappeler l’ambassadeur en Israël soulève nombre de critiques dans l’opposition, rapporte la presse. « Pour l’ancien président Ivan Duque, l’un de ses plus virulents détracteurs, cela confine à de l’antisémitisme », rapporte El Espectador. Plus nuancé, un autre de ses opposants cités dans le journal y voit une parade pour cacher la défaite électorale qu’il vient d’essuyer au niveau national. De son côté, Semana rappelle que Gustavo Petro était déjà très virulent contre l’offensive israélienne dès son lancement, dénonçant un « génocide » ou des « crimes contre l’humanité. »
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Le Congrès encore divisé sur l’aide extérieure américaine
Aux États-Unis, la question du sort de civils à Gaza a fait irruption jusqu’au Capitole, où l’audition du secrétaire d’État Antony Blinken a été perturbée par des manifestants. Les mains peintes en rouge sang, plusieurs d’entre eux ont lancé successivement des slogans contre l’opération israélienne dans la bande de Gaza et contre son financement. Car l’administration Biden venait officiellement demander des fonds supplémentaires pour l’aide à Israël, mais aussi à l’Ukraine. Le nouveau « speaker » de la Chambre des représentants « Mike Johnson, élu la semaine dernière, propose un plan qui mette de côté pour le moment l’Ukraine, et la politique migratoire », détaille le Wall Street Journal. De quoi « essuyer les reproches des démocrates et de certains républicains favorables à un large plan de soutien aux alliés américains », poursuit le Wall Street Journal.
Peu auparavant, dans une tribune dans le Washington Post, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken défendait la vision de son administration : les menaces de la Chine, la Russie, l’Iran et le Hamas « ne font qu’un », selon ses mots. Il y a peu de chance que la proposition républicaine arrive jusqu’au bureau de Biden, car le Sénat à majorité démocrate y ferait barrage, pronostique le journal The Hill. Le New York Times y voit lui une volonté du nouveau président républicain de la Chambre de « rassembler ses troupes divisées », et ne pas tout de suite connaître le sort de son prédécesseur Kevin McCarthy, qui était allé à l’encontre de la majorité des républicains de la chambre, avec le résultat que l’on sait.
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