« A Montpellier, le tennis de table fait soudain des misères au tennis », par Jean-Baptiste Renet

A Montpellier, le tennis de table fait soudain des misères au tennis.

Le raccourci est un peu commode mais je vais vous expliquer pourquoi la petite balle blanche est en train de titiller la plus grosse balle jaune :

Il y a quelques semaines, la métropole de Montpellier a en effet annoncé qu’elle retirait sa subvention au tournoi de tennis qui doit avoir lieu en janvier prochain. Ce tournoi s’appelle l’Open Sud de France, c’est plutôt une épreuve secondaire du circuit professionnel mais chaque année, on peut y voir quelques joueurs de renom. Jusqu’ici, la ville soutenait l’événement sur le plan financier à hauteur de 400 000 €, ce qui n’empêchait pas le budget d’être déficitaire.

400 000 €, ce n’est pas une somme astronomique, mais conséquente, que les pouvoirs publics ne verseront donc plus.

Parce que Montpellier se désintéresse du sport ?

Surtout pas ! Montpellier reste l’une des places très fortes du sport en France, au point de prétendre au titre très honorifique de ville la plus sportive. Foot, rugby, hand, volley… dans chacune de ces disciplines, les clubs de l’agglomération évoluent dans l’élite nationale. Montpellier est même champion de France de base-ball ! Aujourd’hui même, ce sont les Championnats d’Europe de judo qui ont commencé à la Sud de France Arena, une salle de 10 000 places.

Chaque année, la ville accueille aussi le festival international des sports extrêmes et c’est à Montpellier, encore, qu’on trouve le plus grand skate par d’Europe. Je m’arrête là, tout le monde aura compris que le sport occupe une place centrale dans la métropole occitane.

Mais alors pourquoi ne plus soutenir le tournoi de tennis ?

Parce que Montpellier préfère désormais aiguiller ses subventions vers un groupe de 150 athlètes individuels, dont certains visent les Jeux de Paris 2024. Et parmi eux, il y a deux prodiges locaux : Félix et Alexis Lebrun, deux frères de 17 et 20 ans qui sont les nouvelles petites merveilles du tennis de table français.

On parle bien de tennis de table et pas de ping-pong dans le jardin ou au camping : à ce niveau-là, les balles peuvent aller jusqu’à 150 km/heure, les temps de réaction se comptent en millisecondes et il faut des cuisses en acier pour couvrir toute la surface de la table. Fils d’un ancien pongiste professionnel, les deux frangins sont tombés dans la marmite quand ils étaient petits et ils font aujourd’hui partie des 30 meilleurs joueurs mondiaux.

Avec une mention particulière pour Félix, le benjamin, déjà 8e joueur mondial, qui vient tout juste de remporter son premier tournoi sur le circuit pro et peut rêver de médaille aux Jeux de Paris.

Cette petite balle blanche modifie donc les équilibres à Montpellier…

En quelque sorte, même si les économies du tennis et du tennis de table sont incomparables. Un chiffre : quand Félix Lebrun a remporté le tournoi d’Antalya, en Turquie, il a empoché un peu moins de 5000 euros. Le dernier vainqueur de l’Open Sud de France, lui, en a touché 85 000.

Ce ne sont donc pas les mêmes planètes mais pour garder ses stars à domicile, et éviter qu’elles s’exilent dans un club allemand où les salaires peuvent être très confortables, Montpellier est conscient de l’effort à fournir. Aujourd’hui, les meilleurs pongistes du championnat français reçoivent de leur club entre 60 000 et 100 000 euros par saison. On est vraiment loin de la partie au camping.


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