Au moins neuf personnes ont été tuées après des tirs à l’arme automatique échangés lors de l’opération commando survenue le samedi 4 novembre à Conakry, la capitale de la Guinée, a déclaré le parquet général ce lundi 6 novembre. Aux premières heures, un groupe de militaires masqués avait attaqué la prison centrale du cœur de la capitale pour en extraire provisoirement l’ex-dictateur Moussa Dadis Camara et trois co-détenus, tous les quatre actuellement jugés pour un massacre commis en 2009 sous sa présidence.
Trois assaillants présumés, quatre membres des forces de sécurité et deux occupants d’une ambulance, apparemment civils, figurent parmi les morts, selon un bilan encore provisoire avancé dans un communiqué par le procureur général, Yamoussa Conte. Des poursuites pour assassinat de membres des forces de sécurité et homicide involontaire ont été lancées envers Moussa Dadis Camara et ses trois co-détenus, a-t-il affirmé.
Trois d’entre eux, dont Moussa Dadis Camara, ont été repris en bonne santé le jour même de l’opération commando, dont les circonstances demeurent troubles. Evasion ou enlèvement ? Lors de l’opération, les hommes armés, qui semblaient connaître les lieux, avaient déclaré «être venus libérer le capitaine Dadis Camara». «Je continue de penser qu’il a été enlevé, avançait samedi l’avocat de Dadis Camara. Il a confiance en la justice de son pays, c’est pourquoi il ne va jamais tenter de s’évader», avait-il précisé en référence au procès en cours au sujet du massacre perpétré en 2009 sous son mandat. Le quatrième homme, Claude Pivi, qui figure aussi parmi les principaux accusés du procès, est, lui, toujours en fuite.
Le procès d’un massacre
Depuis septembre 2022, Moussa Dadis Camara et dix responsables militaires et gouvernementaux répondent devant un tribunal d’une litanie de meurtres, actes de torture, viols et autres enlèvements commis le 28 septembre 2009, et les jours suivants, par les forces de sécurité dans un stade de la banlieue de Conakry. Parmi les dizaines de milliers de sympathisants de l’opposition qui y étaient réunis, au moins 156 personnes ont été tuées et des centaines blessées, et au moins 109 femmes violées, selon le rapport d’une commission d’enquête mandatée par l’ONU.
Ce procès s’est ouvert alors que le colonel Doumbouya, investi lors d’un putsch en 2021, a promis après son coup de force de refonder l’Etat guinéen et de faire de la justice sa «boussole» ; quand les Forces vives de Guinée, un collectif de partis et d’organisations d’opposition, dénoncent de leur côté une «dictature naissante». Le lendemain de l’opération commando, la junte a publié une série de textes actant la radiation de dizaines de militaires et d’agents de l’administration pénitentiaire.
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