Au lendemain de l’intronisation de sa 32e cohorte d’athlètes et de bâtisseurs, le Panthéon du Sport du Québec vit toujours dans l’espoir d’accueillir des visiteurs dans un lieu physique qui se fait attendre.
Vieux de quatre décennies, le projet initial est le fruit de la vision d’Edgar Théorêt qui n’a cessé, jusqu’à sa mort en 2015, de frapper aux portes des décideurs politiques afin de fournir une adresse et un temple officiels aux héros et aux bâtisseurs sportifs québécois.
Déjà au début des années 1980, cet ancien directeur technique de Natation Québec a imaginé et rêvé de ce lieu qui inspirerait une relève tout en rendant hommage aux acteurs des pages athlétiques les plus épiques de l’histoire du Québec. En date d’aujourd’hui, ce panthéon québécois n’est que virtuel.
Le Panthéon des sports canadiens, lui, a déjà pignon sur rue. Créé à Toronto en 2008, il s’est installé en 2011 au cœur du complexe olympique de Calgary. Il offre une expérience à la fois historique et éducative.
À l’image du Temple de la renommée du hockey, à Toronto, et de celui du baseball, à Cooperstown, un éventuel musée du Panthéon du sport québécois constituerait une vitrine exceptionnelle pour la promotion de l’activité physique et du dépassement de soi et un attrait touristique majeur.
Éternel recommencement
Au fil des années, Edgar Théorêt a cherché des appuis à tous les niveaux de gouvernement pour mener à bien le projet de sa vie. À maintes reprises, il a exposé avec moult détails sa raison d’être.
De nombreux sites ont été envisagés pour l’accueillir, de l’ancien pavillon du Canada datant de l’Expo 67 sur l’île Notre-Dame à l’ancien site du Planétarium de Montréal, en passant, bien sûr, par le Parc olympique.
Rencontré dans le cadre de la soirée d’intronisation tenue lundi soir au Club de Golf Métropolitain, dans l’arrondissement Anjou, le président du Panthéon du sport du Québec, Jacques Baril, a reconnu que la patience était encore de mise.
Le musée est toujours vivant, mais nous sommes malheureusement encore dans nos boîtes et dans nos entrepôts. Notre volonté est de nous installer au Stade olympique. C’est l’endroit idéal en tant que haut lieu du sport au Québec en raison de la tenue des Jeux olympiques, en 1976
, a d’abord indiqué M. Baril.
Au-delà du désir d’y installer le musée sur une base permanente, il attribue les plus récents délais aux échéanciers des travaux majeurs rendus nécessaires par la réfection du funiculaire le long du mât incliné, du toit et de l’anneau technique du stade.
Chaque fois, cela repousse notre projet. Mais nous allons continuer. Ça fait 30 ans que l’on en parle. Même que 2026, qui marquera les 50 ans des Jeux de Montréal, est une date fatidique pour nous. Les responsables du Parc olympique sont au courant. Il faut que les planètes s’alignent pour que l’ouverture officielle puisse coïncider avec l’anniversaire des Jeux olympiques.
En guise de réponse à la demande d’entrevue de Radio-Canada Sports, le directeur général du Parc olympique, Michel Labrecque a offert cette courte réponse écrite :
Effectivement, les discussions se poursuivent avec le Panthéon des sports du Québec. Nous entreposons par ailleurs certains de leurs artéfacts au Parc olympique. À l’heure actuelle, nous ne sommes cependant pas en mesure de commenter nos discussions publiquement. Nous pouvons toutefois vous confirmer que l’intérêt du Parc olympique envers ce projet demeure.
Besoin d’une grande surface
M. Baril insiste sur la disponibilité et la dimension des espaces physiques en parlant des aménagements qui permettraient une expérience immersive en constante évolution.
On ne veut pas qu’il soit simplement contemplatif, mais que les gens puissent aussi se mesurer de façon interactive aux exploits des plus grands. On veut qu’ils aient envie d’y revenir, que ce soit quelque chose de vivant et non pas une simple collection de médailles et d’artéfacts.
Il a ajouté que les décideurs étaient interpelés régulièrement au sujet de ce dossier, mais qu’au fil du temps, les nombreux changements de gouvernements municipal, provincial et fédéral avaient repoussé sa réalisation.
Près de 300 des plus grands noms de l’histoire du sport figurent parmi les membres du Panthéon, dont Louis Cyr, Maurice Richard, Sylvie Fréchette, Gaétan Boucher, Sylvie Bernier, Gilles Villeneuve, Myriam Bédard, André Viger, Chantal Petitclerc, Émilie Heymans, Benoît Huot et Guy Carbonneau.
Deux d’entre eux, Richard Legendre et Isabelle Charest, ont accédé au poste de ministre québécois délégué aux Sports.
Le chef de cabinet de la ministre du Sport, du Loisir et du Plein air, Mathieu Durocher, a lui aussi reconnu que des échanges ont cours, mais il s’est aussi empressé de rappeler que le Parc olympique relevait du ministère du Tourisme.
Il y a en effet des discussions au sujet du Panthéon des sports du Québec avec le Parc olympique. L’intérêt est là. Cela dit, à ce stade-ci, il est trop tôt pour se prononcer davantage
, a-t-il reconnu dans sa réponse écrite.
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