L’essentiel des revenus du COJOP provient de trois sources privées commerciales : le soutien du CIO, la billetterie et les partenariats domestiques. La contribution du CIO au COJOP est constitué d’environ 1,2 milliard d’euros d’apport financier (dont 750 millions de droits médias et 470 millions d’euros de partenariats des quatorze partenaires olympiques mondiaux – »TOP »-) et de prestations en nature qu’il attribue au COJOP conformément au contrat de ville hôte.
Les ressources issues très majoritairement de la billetterie (1,1 milliard), des hospitalités et des produits annexes sont attendues dans le budget prévisionnel à hauteur de 1 561,3 millions d’euros. La commercialisation porte sur 10,5 millions de billets vendus pour les Jeux olympiques et 3,4 millions pour les jeux paralympiques. 97% de billets avaient été vendus à Londres mais il n’y a eu exceptionnellement aucun billet vendu à Tokyo 2020 et Pékin 2022 en raison du Covid-19. Le COJOP obtient aussi des revenus de son programme de licences liés à l’utilisation du logo des jeux notamment pour la mascotte olympique (127 millions).
Concernant le partenariat domestique, le COJOP a défini trois niveaux de partenariat (Premium, Partenaire officiel et Supporter officiel) correspondant à des niveaux de contribution, d’exposition et de droits différenciés. Au total, l’évènement comptera 62 sponsors dont les 14 partenaires olympiques mondiaux du CIO (Airbnb, Alibaba, Coca Cola … dont une entreprise française ATOS) qui bénéficient des mêmes droits que les six partenaires Premium du COJOP (BPCE, Carrefour, EDF, Orange, Sanofi et LVMH) dont le ticket d’entrée est estimé entre 100 et 150 millions d’euros. Pour Tokyo, en comparaison, le sponsoring domestique avait atteint des records avec 3,24 milliards de dollars soit presque 2,5 fois plus qu’à Rio, Londres et Paris dont l’objectif affiché est 1,2 milliard d’euros.
Cette structure de ressources en fait un évènement organisé sur des bases commerciales alors qu’il est perçu implicitement par la population comme un bien commun avec des engagements et des financements publics importants. Cela peut générer des contradictions et des controverses entre la communication du COJOP autour d’un évènement qui se veut « populaire » et « ouvert à tous », autour du slogan « ouvrons grand les jeux » et la réalité des pratiques parfois très contestées médiatiquement : prix des billets grand public (les plus chers à 2 700 euros pour la cérémonie d’ouverture et des prix des finales de sports populaires comme la natation s’approchant de 1 000 euros ; a contrario, un million de billets à 24 euros ont été proposés et certaines épreuves en extérieur se déroulant sur la Seine pourront être vues gratuitement sans billet) ; interdiction au grand public, en raison de la loi française, de pouvoir boire de l’alcool dans les stades mais pas aux VIP dans le cadre des prestations d’hospitalités ; coût du relais du passage de la torche olympique pour les départements (180 000 euros pour une journée) au regard des retombées générées qui sont souvent modestes.
De plus, la grande fête populaire attendue pourrait bien être perturbée par des mouvements sociaux, sans oublier les oppositions des activistes du climat et du collectif « Le revers de la médaille » au sujet du « nettoyage social » des sans-abri. Une autre inquiétude majeure tient au contexte géopolitique et au risque de boycotts ou/et encore de sécurité que la participation notamment des athlètes russes, biélorusses et désormais palestiniens et israéliens pourrait entraîner.
Au-delà de la capacité à organiser un méga-événement planétaire dans de bonnes conditions avec l’ambition d’en faire une fête populaire unique qui relève du rôle du COJOP, la question des impacts et de l’héritage pour la France est posée.
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