À quoi servent les frégates françaises au large d’Israël?

Depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, la France positionne sans arrêt une frégate en Méditerranée orientale. De cette manière, Paris surveille les agissements russes et son comportement en mer comme dans les airs.

Ainsi, après les événements du 7 octobre dernier, avec l’attaque terroriste du Hamas sur le territoire Israélien, la Marine a positionné non pas un, mais deux navires dans cette même zone. « La frégate de type La Fayette (FLF) Surcouf était déjà en Méditerranée orientale et on l’a maintenue. Elle a été rejointe par l’Alsace, une frégate multimissions à capacités de défense aérienne renforcées (Fremm DA) », explique une source militaire.

Mais alors, dans quel but? En effet, si le PHA Tonnerre et le Dixmude ont pour feuille de route d’aider les populations civiles en acheminant du matériel ou en accueillant des blessés, les frégates sont davantage des navires de guerre.

Tir de roquette du Hezbollah sur le Mistral en 2006

Un officier répond: « Les PHA ne sont pas les bateaux les mieux armés. Avec la présence de deux frégates, on muscle le dispositif au cas où l’on doit s’approcher des côtes. En effet, dans cette position, les PHA sont à la portée d’un missile. C’est une possibilité que l’on ne peut pas exclure. »

Comme un traumatisme, la Marine se souvient de l’année 2006. Une date à laquelle le porte-hélicoptères amphibie Mistral avait été frôlé par un tir de roquette alors que le navire se trouvait au large du Liban. « Cela a été un choc pour l’institution », se souvient un officier aujourd’hui à la retraite. À l’époque, il était question de l’opération Baliste.

Capacité autonome d’appréciation

Cette dernière consistait déjà à évacuer des ressortissants français de Beyrouth alors qu’Israël était en conflit avec le Hezbollah.

Ainsi, les censeurs des frégates Alsace et Surcouf vont comme offrir une bulle de protection aux PHA présents en Méditerranée orientale mais leur mission ne va pas s’arrêter là.

En effet, pour la France l’occasion est belle pour observer de près la situation dans une région qui ressemble de plus en plus à une poudrière: « Elles vont faire de l’observation et travailler avec les alliés qui sont dans la zone. Les frégates permettent de dresser une situation tactico stratégique sur place pour voir où l’on veut aller », détaille le chef d’état-major de la Marine à l’occasion des Rencontres stratégiques de la Méditerranée. Le cinq-étoiles développe: « Pour la Marine, il est plus qu’essentiel d’avoir une capacité autonome d’appréciation au profit de nos autorités de façon à ce qu’elles puissent prendre leurs décisions. »

Cependant, impossible de savoir officiellement si le format va rester à deux frégates ou si le dispositif va évoluer: « à cette question, je ne vous répondrai pas », rétorque le chef de la Marine. Un gradé est lui plus bavard: « Je ne suis pas convaincu qu’il faille maintenir deux frégates sur zone. Les seules capacités antiaériennes de l’Alsace suffisent. Le Surcouf devrait prochainement rentrer à Toulon. »

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