Tennis. Pourquoi l’Open de Caen ne veut pas devenir un tournoi professionnel

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Vestiaires dernier cri, sauna, bain froid, salle d’échauffement, salle de musculation, court magnifique entouré de 3 920 places… Le nouveau Palais des Sports proposera aux joueurs et joueuses de l’Open de Caen (10 au 13 décembre 2023) des conditions dignes du circuit professionnel. Pourtant, au moment d’intégrer l’enceinte qui fait la fierté du sport local, l’organisation n’imagine pas un seul instant révolutionner son format. « Cela n’a aucun intérêt« , estime même le manager général Arnaud Guimard.

L’Open de Caen, c’est un tournoi amateur à double entrée. D’un côté, les qualifications s’inscrivent dans le cadre du CNGT, le Circuit national des grands tournois. Si elles ont attiré près de 700 joueurs et joueuses cette année, un record, c’est notamment parce qu’elles donnent accès au tableau final. Chaque année, des amateurs, néanmoins d’un très bon niveau, peuvent espérer se frotter à des invités figurant parmi les meilleurs joueurs du monde

Une « exception » qui fait la fierté de l’organisation

« C’est une exception dans le paysage français, cela n’existe pas, rappelle Arnaud Guimard non sans une certaine fierté. C’est quelque chose que nous avons créé nous-mêmes. » Cette construction hybride serait rendue impossible par une migration sur le circuit professionnel.

On perdrait les valeurs de l’événement. On perdrait l’esprit convivial et familial de l’Open de Caen qui nous donne la visibilité.

Arnaud Guimard, manager général de l’Open de Caen

Arnaud Guimard n’est pas loin de penser qu’un changement de tournoi n’aurait que des inconvénients. « Si on passait sur un tournoi ATP, on serait sur un tournoi 250 (les tournois les moins dotés, en points et en primes, du circuit professionnel, ndlr). Notre notoriété repose sur notre plateau, or on aurait des joueurs moins côtés. » 

Quand elles viennent à Caen, les vedettes sont en pleine préparation hivernale. Le tournoi intègre leur calendrier de pré-saison pour rompre la monotonie des entraînements… et leur permettre de toucher un cachet non négligeable. Il n’y a aucun point à prendre au classement ATP, puisque le tournoi n’appartient pas au circuit professionnel. Ce sont des matchs d’exhibition. 

Le budget devrait être multiplié par trois ou quatre

Un tournoi ATP, c’est un plateau plus fourni et plus dense, avec des enjeux sportifs plus importants, donc potentiellement des matchs plus disputés. Mais c’est éminemment plus coûteux, pour attirer des joueurs qui, bien souvent, ne figurent pas parmi les pointures mondiales.

Pour un bon tournoi ATP 250, il faut compter 2,5 à 3 millions d’euros de budget. Nous n’avons pas envie de demander à nos partenaires de multiplier leur engagement par quatre ou par cinq. 

Arnaud Guimard

Avec l’entrée au nouveau Palais des Sports, l’Open de Caen a augmenté son budget de manière significative en le faisant passer de 650 000 à 800 000 euros. Loin, très loin, des sommes requises pour prétendre au grand monde. 

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Beaucoup de contraintes, peu de liberté

« En plus, il faudrait un deuxième court, voire un troisième, ajoute Arnaud Guimard. Ça coûterait très cher et ça ne serait pas forcément mieux. » En outre, il faudrait renoncer au tournoi féminin, auquel l’organisation tient depuis son instauration en 2021.

L’Open de Caen serait, en somme, privé de sa liberté. Il n’aurait plus le choix des athlètes, des dates, du format, de tout un tas de paramètres qu’il maîtrise dans leur totalité à l’heure actuelle. Bref, on l’a compris, « ce n’est pas du tout un objectif pour nous d’être un tournoi ATP ». 

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