GARR alerte sur les retours massifs


Des ressortissants haïtiens continuent de quitter volontairement la République dominicaine pour retourner au pays, selon le nouveau rapport du Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR). Le rapport indique que parmi les 72 511 migrants dénombrés aux points frontaliers officiels et non officiels, 39 125 ont effectué des retours volontaires.

Pour le mois d’octobre, le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés affirme avoir recensé 72 511 migrants haïtiens le long des lignes frontalières entre la République dominicaine et Haïti. Cette quantité se répartit en 39 125 retours spontanés, dont 23 317 aux points officiels et 15 811 aux points non officiels ; 25 708 cas de rapatriements, dont 15 259 aux points frontaliers officiels et 10 449 aux non officiels ; 7 675 refoulés, divisés en 2 187 aux points frontaliers officiels et 5 488 à travers les non officiels.

Parmi ces milliers de cas de retours, déportations et refoulements massifs, on compte 36 682 hommes, 22 888 femmes dont 1 452 gestantes, 6 863 garçonnets, 6 078 fillettes et 3 501 mineurs non accompagnés d’un proche ou d’une personne responsable. Ces derniers sont souvent victimes de maltraitance physique, de violence verbale, émotionnelle et même sexuelle entre les mains des policiers dominicains au moment de leur déportation, selon le GARR.

« Le flux de rapatriements et de retours volontaires ne cesse de gagner en ampleur. Beaucoup de ressortissants haïtiens, épuisés par les inquiétudes, les craintes de représailles et le comportement de plus en plus irresponsable des agents de l’immigration qui les harcèlent, les emprisonnent pour les extorquer, tout en leur refusant l’accès aux soins de base, ont opté pour le retour », a souligné le GARR, tout en dénonçant les actes de maltraitance dont sont continuellement victimes les compatriotes haïtiens.

Ainsi, l’organisme de défense des droits des migrants haïtiens invite les autorités gouvernementales à renforcer leur présence au niveau des lignes frontalières afin de venir en aide aux rapatriés, qui parfois ne peuvent pas rentrer chez eux en raison du manque d’argent. « Pour ce mois d’octobre, le nombre de personnes migrantes reçues dans notre centre d’accueil à Belladère s’élève à 575 citoyens, dont 73 femmes, 10 filles, 478 hommes et 13 garçons. Deux femmes enceintes déportées ont également été recueillies », informe Sam Guillaume, responsable communication et plaidoyer de GARR.

Le GARR critique le laxisme de l’État face à la détérioration des conditions de vie des compatriotes haïtiens en terre voisine et invite les autorités haïtiennes à assumer une fois pour toutes leurs responsabilités envers le peuple haïtien, les ressortissants en particulier. Il est primordial que le gouvernement haïtien rétablisse un climat de paix dans le pays afin que les compatriotes puissent avoir envie de rester chez eux, estime le GARR.

 

Sheelove Semexant

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