L’autoconsommation, solution pour décarboner et être compétitif?

La Mouansoise Valimmo Reim s’est bâtie une solide réputation de pionnière dans l’immobilier responsable. Dès 2015, la foncière qui gère pour 450 locataires quelque 450.000m2 de bâtiments tertiaires – bureaux, commerces, activités professionnelles, logistique, loisirs – en France a livré sur la technopole de Sophia Antipolis, Les Aqueducs, des immeubles de bureaux à énergie positive proposant autoconsommation solaire en cinquième façade [la toiture ou ombrières sur les parkings, ndlr] et stockage d’énergie sur batterie.

Son expertise n’a cessé de croître au fil des réalisations (Garden Space, Belvédère…) et s’étend aussi à la rénovation de bâtiments tels qu’Ecopolis, ex-WTC, pour ne citer que ses réalisations sophipolitaines. Dans ce dernier cas, les installations techniques remises à niveau et associées à la mise en place de centrales photovoltaïques pour l’autoconsommation permettent à Ecopolis de respecter les normes en matière d’efficacité énergétique et bénéficier gratuitement de l’énergie produite sur place.

Immobilier responsable

Pour Valimmo Reim, ce choix de l’immobilier responsable se révèle payant et a été conforté par l’évolution réglementaire (RT2020, Zéro Artificialisation Nette, loi Lom, décret BACS…) et la flambée des prix de l’énergie.

« On répond aux exigences d’un cadre juridique de plus en plus contrit pour nos métiers de la construction et de l’immobilier », assure François Moison, le président de la société de gestion de fonds, agréée par l’Autorité des marchés financiers qui intègre toute la chaîne de valeur de l’immobilier – du développement à la construction et la commercialisation en passant par la gestion locative, d’immeubles et de fonds.

Facture maîtrisée

Autre avantage, la centrale photovoltaïque produit et délivre de l’électricité consommée sur place pour les cinq usages de la consommation énergétique: éclairage, chauffage, climatisation, levage, ventilation et eau chaude sanitaire. L’énergie produite sur place n’est pas refacturée car son prix est intégré initialement dans la construction ou rénovation du bâtiment.

Surtout, cela soulage le réseau électrique – qui en bout de réseau en Paca a connu quelques pannes. Tout en protégeant les locataires de l’explosion des coûts de l’énergie. « Dans le tertiaire de bureau, la facture est divisée par cinq en 2022 grâce à l’autoconsommation simple. A Ecopolis, on est passé de 58 à 44€ le m2 par an et ce, grâce aux travaux concernant le volet énergétique et en mettant des prises électriques pour nos locataires qui peuvent recharger sans frais leur véhicule (loi Lom)… » 

L’électricité complémentaire est mise à la disposition des locataires pour leurs usages propres : ordinateurs, machines à café…

Évolutions réglementaires

Propre, sobre, réglementaire… on comprend que Valimmo Reim se batte pour élargir l’autoconsommation simple à toutes les activités commerciales, artisanales et industrielles. Oui mais c’est là que le bât blesse car la notion de Réseau intérieur des bâtiments ne concerne que le tertiaire de bureau. Ainsi, « Sur les barres d’activité de retail, il faut un compteur par locataire et admettons qu’on installe des panneaux photovoltaïques sur une toiture, on ne peut pas mettre l’électricité produite à la disposition des locataires. On est obligé de la revendre à EDF. Résultat: entre les taxes, l’abonnement, le compteur, elle est plus chère car soumise au marché. » Et participe à la possible saturation du réseau en Paca.

Et François Moison d’élaborer: « Avoir des centrales photovoltaïques satellites permettrait de soulager le réseau, d’autant que les Alpes-Maritimes sont au bout du réseau national et que RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité français – prévoit une augmentation de la consommation électrique allant jusqu’à 45% d’ici 2035. Si on veut bannir l’énergie fossile tout en répondant aux besoins de la mobilité électrique, de la production…, il est clair que l’énergie électrique ne pourra pas provenir uniquement des centrales nucléaires. »

Sa proposition vise à ouvrir l’autoconsommation au parc immobilier. Cette production d’énergie supplémentaire participerait au désengorgement du réseau électrique, décarbonerait notre économie et lui permettrait d’être plus compétitive.

« Le savoir-faire technique est là et la cinquième façade est disponible, insiste-t-il. Pour cela, il faut faire converger dans le droit français le code de l’environnement, de l’urbanisme et de l’énergie. Il faut continuer à faire des évolutions réglementaires et travailler auprès du législateur et des élus pour les sensibiliser à l’autoconsommation.  » 

Dans un intérêt collectif et économique. 

Réseau intérieur des bâtiments

Un compteur Enedis par entreprise-locataire. Cela semble logique. Mais ça, c’était avant 2017 et la loi Hydrocarbures qui donne une existence légale au Réseau intérieur des bâtiments.

Un seul point de livraison électrique suffit et tous les locataires peuvent consommer l’électricité produite sur place sans supprimer la contribution à Enedis et le financement au système électrique collectif. Mais cela ne concerne que le tertiaire de bureau. Dans l’industrie, le commerce ou l’artisanat, chaque entreprise/locataire doit être raccordé au réseau.

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