Le Premier ministre japonais Fumio Kishida a annoncé mardi avoir donné instruction à son gouvernement « de faire le maximum pour recueillir des informations et les transmettre à la population japonaise, de demander l’annulation du lancement et de […] se préparer à des situations imprévisibles ». Toute utilisation de la technologie des missiles balistiques constituerait une violation des résolutions des Nations unies, a-t-il averti, ajoutant que le Japon coordonnait sa réponse avec la Corée du Sud et les États-Unis, ses partenaires dans le cadre d’un accord de défense trilatéral.
Décollage cette semaine ?
La Corée du Nord avait désigné en août trois zones maritimes susceptibles d’être touchées par le lancement prévu à l’époque : deux en mer Jaune, à l’ouest de la péninsule coréenne, et une troisième dans les eaux situées à l’est des Philippines. « Les zones de danger mentionnées par la Corée du Nord cette fois-ci correspondent à celles annoncées lors de leur projet de lancement de satellite en août », a commenté un responsable sud-coréen, cité par l’agence de presse Yonhap.
Séoul avertit depuis des semaines que Pyongyang en est aux « dernières étapes » de la préparation d’un nouveau lancement de satellite espion, et le ministre de la Défense Shin Won-sik a déclaré dimanche que le décollage pourrait avoir lieu dès cette semaine. Lundi, l’armée sud-coréenne a mis en garde la Corée du Nord pour qu’elle cesse « immédiatement » ses préparatifs pour le lancement d’un satellite espion, prévenant Pyongyang qu’elle prendrait « les mesures nécessaires » le cas échéant.
Liens « dangereux » avec la Russie
Après une deuxième tentative ratée en août, Pyongyang avait annoncé qu’il procéderait au troisième lancement en octobre, mais celui-ci ne s’était pas produit. La Corée du Nord, dont le récent rapprochement avec la Russie inquiète les États-Unis et ses alliés sud-coréen et japonais, fournit par ailleurs selon Séoul des armes à Moscou en échange de technologies spatiales russes visant à mettre en orbite un satellite d’espionnage militaire.
Début novembre, le secrétaire d’État américain Antony Blinken avait dénoncé les liens militaires « croissants et dangereux » entre Pyongyang et Moscou, à l’issue d’une visite en Corée du Sud. Les analystes estiment qu’il existe une coïncidence technologique importante entre les capacités de lancement spatial et le développement de missiles balistiques, dont Pyongyang a été interdit en vertu de multiples sanctions de l’ONU.
Puissance nucléaire « irréversible »
La Corée du Nord a procédé cette année à un nombre record d’essais d’armes, en dépit des sanctions internationales et des mises en garde des États-Unis, de la Corée du Sud et de leurs alliés. Elle a également déclaré « irréversible » son statut de puissance nucléaire. La semaine dernière, elle a annoncé avoir effectué avec succès des essais au sol d’un « nouveau type » de moteur à combustible solide pour ses missiles balistiques à portée intermédiaire (IRBM) interdits, les qualifiant d’étape cruciale dans « le contexte grave et instable en matière de sécurité ».
Crédit: Lien source


Les commentaires sont fermés.