« Attirer l’attention sur les dangers des réseaux »: créateur du manga Blitz, Cédric Biscay dessine contre le cyber-harcèlement à Monaco

Plus connu pour être le créateur du manga Blitz qui explore le monde des échecs, le Niçois Cédric Biscay a prêté son imagination à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes le 25 novembre.

L’ambassadeur des droits des femmes en Principauté a ainsi créé un manga de 25 pages qui a pour thème le cyber-harcèlement. Cet opus est d’ores et déjà disponible en version papier mais aussi en numérique sur le site du Comité droits des femmes et sera également diffusé dans les établissements scolaires de la Principauté grâce à la Direction de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports (DENJS). Son auteur en dit plus sur cette œuvre et son processus de création ainsi que sur sa croyance au soft power, cette manière douce de convaincre…

Comment est-ce que vous vous êtes retrouvé à vous occuper de la campagne de lutte contre les violences faites aux femmes?

L’année dernière, l’équipe de Céline Cottalorda [déléguée interministérielle pour la promotion et la protection des droits des femmes, NDLR] m’a sollicité pour être ambassadeur pour le droit des femmes à Monaco. J’ai toujours souhaité être vraiment actif à partir du moment où j’ai accepté ce rôle. De fil en aiguille, on a discuté de la possibilité de faire un manga pour dénoncer des harcèlements. L’idée était de le faire sous un angle plutôt ‘‘fun’’ autre que des vidéos ou des plaquettes de documentation et qui entre dans l’univers des jeunes parce que c’est à eux que ça s’adresse. On a donc décidé du manga parce que c’est le premier vecteur de lecture chez les jeunes aujourd’hui et l’idée passe mieux à travers ce style de média.

Vous vous occupez donc de toute la campagne…

Oui, on a aussi géré le poster, le slogan… Je l’ai trouvé moi-même et il me tenait à cœur parce qu’on m’a mis sur le devant de la scène donc je voulais vraiment contribuer. L’affiche reprend la couverture du manga avec le slogan que j’ai trouvé assez rapidement [Derrière l’écran, la violence ne frappe pas moins fort, NDLR] et qui semble tout à fait convenir avec cette campagne.

Sa planche du nouveau manga paru à l’occasion de la campagne de lutte contre les violences faites aux femmes. Photo DR.

Quel a été le processus de création et combien de temps avez-vous travaillé dessus?

Entre trois et quatre mois parce que j’ai fait le scénario et l’équipe de dessinateur qui est au Japon va, de mon scénario, dessiner le manga. C’est un vrai manga avec les codes japonais et des dessins faits par des Japonais. On a utilisé les équipes du manga Blitz qu’on sort régulièrement sur la thématique des échecs. En utilisant cette équipe on a pu se permettre de créer une histoire dans un temps record. Je vous avoue que 3 ou 4 mois de travail ce n’est absolument rien par rapport à si on avait dû démarrer de rien. Il aurait fallu plus d’un an! On a donc utilisé la même procédure que pour Blitz à savoir que je fais l’histoire et derrière j’échange avec ma co-dialoguiste pour que les dialogues correspondent parfaitement aux codes du manga japonais. Ensuite Daitaro Nishihara procède au dessin. J’avais demandé au comité de ne pas intervenir sur le processus créatif sinon c’est beaucoup trop compliqué. Il m’a juste donné les éléments importants qu’il fallait faire figurer concernant la thématique du harcèlement. Avec ces éléments en main, j’ai pu faire une histoire qui correspondait à leurs attentes.

La culture est un bon moyen de faire passer ce genre de message?

À 100%. Je suis un grand défenseur du soft power, c’est mon terme de prédilection. Un message passe toujours mieux lorsqu’on l’emballe dans quelque chose d’intéressant. En l’occurrence on s’adresse aux jeunes donc ça me paraît logique d’utiliser ce support qui est plébiscité par cette génération. C’est nettement plus intéressant de faire passer le message de cette manière que par des voix plus institutionnelles. Moi le premier, lorsqu’on m’envoie un document de présentation de type PowerPoint, c’est moins sexy qu’un teaser ou qu’un manga.

Je n’ai jamais pensé qu’il était nécessaire d’être militant

C’est aussi pour cette raison que vous avez accepté ce rôle d’ambassadeur?

Absolument. Je leur ai expliqué que je ne voulais pas être ambassadeur juste pour le titre. D’un autre côté je n’ai jamais été un militant de la cause féminine parce que je n’ai jamais pensé qu’il était nécessaire d’être militant. Je ne connaissais pas toutes ces problématiques. Quand j’ai creusé un peu et j’ai vu que mon aide pouvait être utile, j’ai demandé à être utilisé dans des choses concrètes. Et quand je dis concret, le manga en fait partie.

Sans trop en dévoiler, qu’est-ce qu’on va retrouver dans ces 25 pages?

C’est principalement attirer l’attention sur les dangers des réseaux sociaux. C’est la thématique de cette petite histoire pour montrer qu’il y a des comportements qui peuvent être anodins de prime abord mais qui sont du harcèlement. C’est ce qu’on a voulu démontrer dans cette histoire.

Où sera-t-il disponible?

Il y a deux choses: la distribution physique avec les mangas imprimés auprès de l’éducation nationale et du marché de la Condamine avec le stand du comité les 22 et 23 novembre. Il y a aussi une version en ligne qui va être disponible pour tout le monde où il y a juste un QR code à scanner.

Les équipes de Blitz ayant travaillé sur ce projet, est-ce que la sortie du prochain tome a été chamboulée?

Pas exactement. Je peux vous dire que le tome XI est prêt. On s’est dit que cela faisait beaucoup de communication en même temps et je voulais privilégier ce projet qui est nouveau, qui me tient à cœur et qui est pour une noble cause. On a donc repoussé la sortie du tome XI à une date ultérieure.

Est-ce qu’une date de sortie est prévue?

Pas encore parce que lorsqu’on décale un manga il faut retrouver un office auprès du distributeur donc ce n’est pas encore fixé.

 

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.