Ce n’est pour le moment qu’un protocole d’accord, une simple étape préalable à une candidature. Mais le document signé le 14 novembre par le maire de Berlin Kai Weigner a un sens : il affirme que la capitale allemande réfléchit sérieusement à accueillir les Jeux olympiques 2036.
La décision a une forte dimension symbolique. La ville a accueilli une seule fois l’événement, en 1936. Trois ans après l’arrivée au pouvoir du dictateur Adolf Hitler, la compétition avait servi de propagande du régime nazi, magnifiée dans Les dieux du stade de la réalisatrice Leni Riefenstahl (1938).
Des critiques mémorielles et économiques
C’est justement en contrepoint que Kai Weigner souhaite porter cette candidature. « Le centenaire est une chance formidable de montrer la nouvelle Berlin, une métropole colorée, diverse et ouverte, indique-t-il dans Le Monde . J’imagine l’équipe israélienne entrer dans le même stade olympique, là même où, cent ans plus tôt, des Jeux ont été détournés à des fins politiques. Ce serait une deuxième victoire sur l’Allemagne nazie. »
Un propos soutenu en mai au média The Pioneer par la ministre des Sports Nancy Faeser : « Il est donc aussi imaginable que l’on fasse ce travail de mémoire historique à l’endroit où les événements se sont déroulés, là où les persécutions et les atteintes à la dignité humaine ont eu lieu. »
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Depuis plusieurs mois, l’Allemagne se divise sur le sujet. Plusieurs tribunes ont été publiées dans des journaux pour exprimer un malaise d’accueillir ces Jeux du centenaire. « Cela ouvrirait un débat terrifiant à l’échelle internationale, et c’est l’idée olympique qui s’en trouverait flétrie. Comment cela serait-il regardé par le reste du monde ? Les Allemands célèbrent-ils le centenaire des Jeux nazis ? Cela n’est pas possible », résumait le prédécesseur au ministère des Sports, Horst Seehofer, au Frankfurter Allgemeine Zeitung .
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Le débat s’étend cependant bien au-delà de l’aspect mémoriel. Il est également question de considérations financières, alors que l’opposition municipale de gauche considère que les investissements pourraient être priorisés sur l’ensemble des installations sportives de Berlin, en mauvais état.
La ville n’est d’ailleurs pas la seule candidate au sein même de l’Allemagne. Düsseldorf, Hambourg, Leipzig et Munich ont également fait part de leur intention de candidature. D’autres pays se sont également positionnés pour succéder à Paris 2024, Los Angeles 2028 et Brisbane 2032 : Inde, Indonésie, Mexique, Pologne et Turquie. Le processus de désignation ne se terminera pas avant 2026.
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