À contresens, sans permis, en excès de vitesse…: deux automobilistes et un scootériste, tous ivres, condamnés à Monaco

1. L’avenue du Port à contresens!

L’huissier appelle un directeur commercial, presque quadragénaire. Le 22 avril dernier, il avait bu six coupes de champagne et quasiment autant de verres de vin. En déplacement en Principauté, il avait marqué ou fêté son passage sur les terres monégasques en faisant la tournée des établissements de nuits les plus réputés.

Sous la pression des mélanges éthyliques, il montait dans sa Mercedes, circulait à contresens sur le boulevard Albert-Ier et remontait dans les mêmes conditions l’avenue du Port.

Vers 1h30, le policier de service à la place d’Armes interpellait ce « conducteur fantôme ».

À l’audience, le personnage se limite à des réponses élusives et parfois à l’apparence trompeuse, car il n’aurait aucune souvenance des faits reprochés. Amnésie rétrograde ou dissimulation subtile pour donner le change à une alcoolémie de 2,69 g/l? Ni le parquet ni le tribunal n’ont été dupes de la feintise où bien d’autres coupables s’y sont souvent perdus. Il est requis, d’un côté, six jours d’emprisonnement assortis du sursis. Mais les juges, de l’autre, ont condamné le ressortissant français à huit jours ferme, 45 euros pour la contravention et deux ans d’interdiction de conduire à Monaco.

2. Il roule à toute vitesse et sans permis de conduire

Bizarre, naïf ou inconscient? Un vendeur de 26 ans s’approche de la barre. Le 2 juin dernier, vers 4 heures, il ne se rendait pas compte, par légèreté d’esprit, réelle ou apparente, de rouler bien au-delà de la vitesse autorisée en ville depuis l’hôtel Méridien jusqu’au Portier dans un véhicule de société. Interpellé par un agent de la Sûreté publique, en poste au Larvotto, il présentait un taux d’alcool de 0,61 mg/l à la suite d’une soirée passée au « Sass Café ». D’où l’absorption des cinq verres de gin tonic avoués.

Dans l’incapacité de montrer son permis de conduire, il avançait comme argument la perte du document depuis quatre ou cinq mois. Toutefois, il précisait sa démarche entreprise auprès de la préfecture aux fins d’obtenir un duplicata.

Dès lors, le Parquet attire l’attention du prévenu sur un simple conseil: il ne faut pas prendre le volant de manière à attirer l’attention des policiers. Sans cette intervention on aurait pu craindre le pire. Il est requis une peine à hauteur de 400 euros d’amende, plus l’interdiction de conduire en Principauté pendant six mois. En l’absence d’antécédents, le prévenu s’en sort bien. Le tribunal rehausse la somme à 600 euros et réduit la suspension temporaire à trois mois. Mais il est bien précisé que cette clémence relative est prononcée pour la dernière fois.

3. Ivre, il cabre son deux-roues et chute

Passionné de « wheeling » (lever la partie avant d’une moto et rouler uniquement sur la roue arrière), un barman de 27 ans avait oublié de rester sobre pour entreprendre sans péril ce genre de figure acrobatique.

Car le 2 juin dernier, vers 6 heures, déstabilisé, il basculait vers l’arrière et chutait à l’intersection des boulevards de Belgique et du Jardin-Exotique. Les policiers, informés de l’accident, trouvaient le pilote blessé et ivre. Après plusieurs cocktails à base de rhum et des bières consommés au « Tip-Top », d’où un taux garanti de 0,80 mg/l, le Beausoleillois avait enfourché le scooter avec sa passagère. Passagère propriétaire du deux-roues qui n’était pas en meilleur état pour conduire.

Le Parquet espère qu’à la suite des infractions occasionnées par son ivresse, le prévenu ne réitérera jamais pareil comportement. Il est requis pour ce primo-délinquant une peine de cinq jours d’emprisonnement assortie du sursis et l’interdiction de conduire à Monaco pendant sept mois. Plus la traditionnelle contravention à 45 euros. Toutefois, il est proposé de ne pas faire apparaître la condamnation sur le casier N°2. Le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public et il a réduit la peine complémentaire de piloter son scooter sur le territoire à trois mois.

* Les audiences étaient présidées par Jérôme Fougeras Lavergnolle et Florestan Bellinzona. Mmes Valérie Sagné et Emmanuelle Carniello représentaient le Parquet général.

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