à deux semaines du début de la Coupe du monde contre la France, la soirée en enfer des All Blacks face à l’Afrique du Sud
Les plus de 80 000 spectateurs qui ont fait le déplacement pour le dernier match de préparation avant la Coupe du monde de la Nouvelle-Zélande et de l’Afrique du Sud, vendredi 25 août à Londres, ont dû se frotter les yeux lorsque le chronomètre a affiché la soixante-dixième minute. Sur le panneau d’affichage, le score des All Blacks, la plus grande équipe de rugby de l’histoire, affichait un infamant zéro pointé, 35 points derrière leurs adversaires du soir.
Lorsque les quatre-vingts minutes de jeu se sont écoulées, les All Blacks, les bras ballants, ne pouvaient que constater les dégâts. Malgré un exploit personnel du jeune demi de mêlée remplaçant Cam Roigard adoucissant légèrement l’addition, les Néo-Zélandais venaient de concéder la pire défaite de toute leur histoire (35 à 7). A deux semaines de donner le coup d’envoi de la Coupe du monde (8 septembre – 28 octobre) face à la France, les Néo-Zélandais n’auraient pas pu imaginer pire cauchemar.
Le stade de Twickenham, l’antre habituel de l’équipe de rugby d’Angleterre, avait fait le plein pour cette rencontre à l’appétissant avant-goût de Mondial, entre deux équipes qui pourraient se retrouver en quarts de finale de la compétition. Même la météo y avait mis du sien : avec des nuages noirs, des bourrasques et même de la pluie en début de match, le temps automnal du sud-ouest londonien donnait un aperçu de ce que pourrait être la météo française au cœur du mois d’octobre.
Un match âpre et brutal
Les All Blacks et les Sud-Africains savaient-ils que le Mondial n’avait pas débuté ? A voir l’intensité mise dans les courses et les collisions, on est en droit d’en douter. Il n’a fallu attendre que quarante-deux secondes dans ce match pour qu’un premier joueur, le Sud-Africain Duane Vermeulen, se retrouve au sol, l’épaule engourdie par un choc. Une fugace première impression : ce sont bien les Springboks qui ont remporté la bataille physique. Les Sud-Africains ont passé les All Blacks dans leur implacable lessiveuse, imposant leur puissance dans chaque collision et dans chaque ruck, martyrisant le pack noir en mêlée.
Certes, les All Blacks ont passé de longues minutes en infériorité numérique. Leur deuxième ligne Scott Barrett a reçu un premier carton jaune en cours de première période, puis un second juste avant le retour aux vestiaires, synonyme d’expulsion définitive. Les All Blacks ont même brièvement évolué à 13 en première mi-temps après un carton jaune contre leur capitaine Sam Cane.
Les Néo-Zélandais ont rendu une piètre copie
Mais cela ne suffit pas à expliquer leur piètre copie du soir. Même si le sélectionneur néo-zélandais Ian Foster avait aligné ses meilleurs joueurs – probablement ceux qui feront face aux Français dans deux semaines – les All Blacks ne se sont quasiment jamais montrés dangereux. Maladroits balle en main, très souvent pénalisés (14 pénalités) et souvent contenus dans leur camp par l’implacable pression des Springboks, ils n’ont rien montré de leur jeu d’attaque habituellement si létal. A deux semaines du choc d’ouverture du Mondial au Stade de France, difficile de dire ce que les analystes du XV de France auront à se mettre sous la dent. « Alors que nous nous approchons de la Coupe du monde, ce match est un rappel qu’il faut une bonne touche, une bonne mêlée et rester disciplinés. Nous avons reçu une bonne leçon. Nous avons deux semaines pour corriger les choses », a réagi Ian Foster après la rencontre.
Comme si l’amertume de la défaite ne suffisait pas, ce match pourrait handicaper longtemps les Néo-Zélandais. Le pilier Tyrel Lomax est sorti en début de match, le genou enserré dans une grande attelle orange. « C’est assez grave, nous sommes inquiets » a soufflé Ian Foster, après le match. Le pilier pourrait faire défaut à l’équipe pour la Coupe du monde, à un poste où les Néo-Zélandais venaient tout juste de retrouver une forme d’équilibre. L’expulsion de Scott Barrett pourrait, elle, être synonyme de matchs de suspension. Un coup dur pour le joueur, qui a survolé le dernier Rugby Championship, et pour l’équipe, déjà privée à son poste de l’incontournable Brodie Retallick.
Jacques Nienaber, l’entraîneur des Sud-Africains, a eu beau affirmer n’avoir « gagné aucun point pour la Coupe du monde ce soir » et voir dans la rencontre une simple « opportunité de se préparer », les vainqueurs du Mondial 2019 ont envoyé un message clair : ils sont plus que jamais candidats à leur propre succession et malheur à l’équipe qui croisera leur route en quarts de finale de la Coupe du monde. Ce sera probablement la Nouvelle-Zélande, à nouveau, ou bien la France. Fabien Galthié et ses hommes sont prévenus.
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