Des cris de joie, des applaudissements, des rafales de photos… Ce matin-là, les sept cast members (le nom officiel des salariés des parcs Disney) déguisés en Iron Man, Captain America ou Black Panther n’ont pas eu à faire grand-chose pour susciter un tel enthousiasme auprès des visiteurs de Disneyland Paris. La petite bande agite les mains, esquisse quelques poses, et tout se passe comme s’ils débarquaient réellement des films ou des séries dont ils sont les héros. Puis la troupe s’éclipse. En arrière-plan, il ne reste qu’un vaisseau aérien futuriste, posé à Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne).
Où est le vrai, où est le faux ? Comme à son habitude, Disneyland excelle à créer des décors et des costumes si parfaits qu’ils sèment le trouble, laissant aux visiteurs le plaisir d’y croire.
Cette fois-ci, c’est à l’univers des Avengers que le parc s’est attaqué, avec un nouveau monde consacré aux films et aux séries du studio Marvel. Dans cette zone toute neuve, on retrouve les bonnes recettes des parcs Disney : des attractions avec des scénarios, des boutiques et des fast-foods à gogo, des animatroniques (créatures robotisées animées), une attention minutieuse portée aux détails dans les décors, des cast members arborant leur prénom sur un badge… Mais aussi de très longues files d’attente en escargot, de la musique et des effets sonores entêtants et des prix salés dans les restaurants.
Ce jeudi de mi-avril, la foule est au rendez-vous et rappelle le succès populaire de Disneyland Paris : avec quinze millions de visiteurs par an, dont la moitié d’étrangers – à titre de comparaison, 7,8 millions de curieux sont venus au Louvre en 2022 –, le site est le plus visité de France. Il compte pour 6 % des recettes touristiques de l’Hexagone, selon la Société d’études techniques et économiques.
En trente ans, malgré des débuts qui ont créé la polémique, le parc de la banlieue est de Paris a été adopté, devenant une référence culturelle commune, « une sorte de passage obligé pour la jeunesse française », écrivent Jérôme Fourquet et Jean-Laurent Cassely dans leur essai La France sous nos yeux (Seuil, 2021). Et ce, même si l’entrée reste chère : il faut compter 94 euros par adulte pour un seul parc, ou 119 euros (tarifs en vigueur en août) pour accéder aux deux sites – Disneyland et Walt Disney Studios – et pour profiter des animations – sauf quand une partie des employés, près d’un millier début juin, se mettent en grève pour réclamer de meilleures conditions de travail.
Une bulle hors du monde
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