A Limoges, la France du Tour a vibré : « C’est quelque chose de patrimonial »

Casquette France sur la tête, ce bambin trépigne à l’arrière du bus Groupama-FDJ. « Il est là, Thibaut Pinot ? » Dix minutes plus tôt, sur la ligne d’arrivée, Mads Pedersen a déboulé et levé les bras, mais dans les paddocks ouverts à la foule, les amours éternelles prévalent sur les relations saisonnières.

Le bambin ne verra pas le 3e du Tour 2014, mais il en gardera des souvenirs pour une vie. Devant son petit groupe, le coureur suisse Stefan Kung termine un esquimau. « Ça fait drôle de les voir de si près, je n’arrive pas à penser qu’ils sont humains comme moi », rigole une retraitée au bob Cochonou.

Comme un stade de France, ouverts à tous

Qui est donc la France du Tour ? Déjà, il y a Éric, maillot Mercier sur le dos, réplique mauve et jaune de l’antique chasuble de Poupou. Éric était sur les pentes du Puy de Dôme, en 1964, « 100 mètres avant la photo mythique » où le Miaulétou d’adoption frôle l’épaule de Jacques Anquetil. « Il était simple et courageux et c’est quelqu’un à qui on pouvait s’identifier », clame le retraité.

Une histoire de famille et de petits-fils aussi : Éric est venu avec le sien qui « adore le vélo » et aimerait bien que « Mathieu » (van der Poel) gagne à Limoges. Échec. La jeune génération voit plutôt van Aert. Non plus. Mais l’admiration forge l’imaginaire. Et inversement. Jeunes cyclistes de Gironde, Celia et Charly ont parcouru les 30 premiers et les 30 derniers kilomètres de l’étape. « Ça donne la chair de poule », sourit la gamine, exténuée. « Le public, ça donne encore plus d’énergie », confie son partenaire.

 

Le cyclisme a ceci de différent qu’il se pratique à ciel ouvert. Les routes du Tour sont comme un Stade de France, ouvert à tous. À plus de 50 ans, Sergio et Didier, coureurs à Ambazac, en ont encore des étoiles plein les yeux. « On est applaudis comme c’est pas possible », sourit le plus ancien. Petit, il écoutait le Tour « à la radio », avec son grand-père. « C’est le Tour qui m’a donné l’amour du vélo », dit-il.

C’est aussi le cas de David et Evan. Le père et le fils connaissent par cœur les derniers passages du Tour en Haute-Vienne. « Ma première fois, c’était un contre-la-montre à Vassivière. Indurain avait gagné. Le Tour, c’est quelque chose de patrimonial. »

On se souvient toujours de la première fois qu’on a vu passer le Tour !

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Le Tour de France, c’est l’épopée au coin de la rue et à Limoges comme ailleurs, les gens écrivent leur légende avec des bribes de réalité. « L’important, c’est de dire qu’on y était », souffle une dame, cramoisie part le soleil. Pour le profane, le Tour fait partie des valeurs des vacances, qui ne sont surtout pas la vacance des valeurs. « C’est familial, convivial et gratuit, rappelle Éric. Mais il y a quand même un peu de gigantisme et les coureurs sont moins proches des spectateurs qu’avant. »

Ce n’est pas l’avis d’Ahmed, dont c’est le premier Tour. « Quand on m’a dit que c’était gratuit, je ne l’ai pas cru et c’est vraiment sympa, s’émerveille-t-il. Mieux qu’à la télé. Et il y a des cadeaux. »

La France du Tour est sans doute ce qui se rapproche le plus du peuple que fantasment les politiques : pas tous présents, mais tous représentés. « On se souvient toujours de la première fois qu’on a vu passé le Tour », savoure Philippe. Lui avait huit ans et en garde une impression fugace. « C’était passé si vite », se rappelle-t-il. Cette fois, son petit-fils a été récompensé pour ses six heures d’attente : « J’ai eu le bidon d’un Bora ! », explose-t-il. Qu’importe le flacon, seule compte l’ivresse populaire…

 

Julian Alaphilippe premier à l’applaudimètre sur la route du Tour de France en Haute-Vienne

Sébastien Dubois

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