« Si nous devons appliquer scrupuleusement les circulaires du garde des Sceaux, le ministre de la Justice n’est pas pour autant notre chef. » Nicolas Bessone a solennellement pris les rênes du parquet de Marseille à l’occasion d’une audience de présentation, ce lundi au tribunal judiciaire de la cité phocéenne. En présence d’Éric Dupond-Moretti, dont c’était la première sortie officielle depuis son procès pour « prises illégales d’intérêts ».
Le nouveau chef du parquet a notamment « regretté » que le mode de nomination des procureurs ne soit toujours pas aligné sur celui des juges du siège dont l’indépendance est garantie. Une situation « qui pourrait être problématique à l’avenir dans l’hypothèse de l’arrivée au pouvoir de partis extrémistes dont il n’est pas certain qu’ils respectent les garanties et les limites non écrites… »
Des compétences de Nice à Perpignan
Nicolas Bessone, dont le parquet est doté de plusieurs compétences (santé, environnement, tribunal militaire, etc.) à l’échelle interrégionale, est bien connu à Marseille pour avoir participé à la création, dans les années 2000, de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs), chargée de la criminalité organisée et la grande délinquance.
« Je veillerai à ce que la Jirs ne se trouve pas embolisée par les affaires marseillaises et ne perde pas sa vocation première à traiter les affaires de criminalité complexe sur l’arc méditerranéen, de Perpignan à Nice en passant par la Corse », a-t-il assuré devant un parterre de personnalités dont « [ses] amis » les procureurs de Nice, d’Aix-en-Provence et de Draguignan.
Le procureur de la République de Marseille a également abordé la hausse des règlements de comptes. Et de partager quelques pistes de réflexions: recours à des « repentis » (tout en réprouvant ce terme) en s’inspirant des modèles états-unien et italien, réflexion sur une adaptation des prisons « où les affaires se poursuivent voire même naissent », pénalisation « plus forte » des dirigeants d’associations de malfaiteurs, lutte contre les trafics de stups sous l’angle de la « traite des êtres humains », etc.
Les commentaires sont fermés.