À Monaco, avez-vous vu cette voiture qui sillonne les rues pour numériser les arbres?

Mais quelles sont ces petites voitures repérées dans la Principauté depuis le 25 novembre ? Vous les avez sûrement vues passer près des espaces verts, équipées d’un drôle de radar sur leur toit. Ces véhicules peu communs appartiennent à l’entreprise Greehill, spécialisée dans la numérisation des arbres en milieu urbain.

Greehill Inventory, est le premier inventaire intelligent des arbres au monde. La Direction de l’Aménagement urbain, relevant du Département de l’Equipement, de l’Environnement et de l’Urbanisme, a fait appel à cette technologie novatrice pour constituer un inventaire précis du patrimoine arboré du pays.

Le but de cette initiative : créer un jumeau numérique de chaque arbre pour avoir ses caractéristiques détaillés et son état de santé, tout en calculant les services écosystémiques rendus.

À terme, cet état des lieux offrira une visibilité précise de la flore arborée locale. Cette technologie de rupture a été mise au point en 2017 pour répondre à un appel d’offres à Singapour, cité-État abritant en son sein 3 millions d’arbres. A Monaco, un inventaire est déjà disponible, mais il est loin d’être aussi précis que celui obtenu en déployant les outils Greehill.

Technologie et efficacité

Les véhicules Greehill (Dans les endroits inaccessibles aux véhicules, les relevés sont effectués à l’aide d’un appareil portatif) analysent chaque caractéristique des arbres déjà présents sur le territoire afin de permettre aux services compétents une gestion efficace. « Ça fait longtemps que les collectivités essayent de gérer le patrimoine arboré. Ils avaient jusque-là des outils plutôt manuels. Des gens dans les services des villes ou des sociétés spécialisées dans la mise à jour des données », indique Pascal Goubier, directeur opérationnel de Greehill et ancien directeur du patrimoine végétal de la métropole de Lyon.

« Avec 110.000 arbres d’alignement aux bords des routes, il fallait 10 ans pour actualiser les données », ajoute le chef d’entreprise. Grâce à Greehill, il ne faut que quelques jours pour un état des lieux sur Monaco, et environ un mois pour une grande ville comme Lyon.

Photo Greehill.

Monaco compte entre 12 et 15 mille arbres. « C’est un territoire dense. Pour opérer, nous avons deux types de véhicules : une voiture pour les arbres d’alignement au bord des routes et un Rover pour les parcs et jardins », explique Pascal Goubier.

« Les voitures que nous déployons enregistrent une centaine de kilomètres d’alignement par jour, donc moins d’une demi-journée pour Monaco. Avec le Rover, il est possible d’enregistrer 10 hectares par jour. L’opération de collecte des données en Principauté a été lancée le 25 octobre et devrait se finir le 5 ou le 6 novembre », précise le directeur opérationnel de Greehill.

Un des outils clé de cette technologie est la comparaison. Comparer un arbre par rapport à un autre de la même essence permet de faire un bilan détaillé. Cela donne des informations sur sa capacité à se défendre face au vent, son état de santé d’une zone à l’autre, ses besoins selon l’emplacement choisi.

« Exactitude et rigueur dans le temps »

Pour que les résultats obtenus soient optimisés, un suivi dans le temps apparaît primordial. « L’idéal serait de repasser dans un an ou deux pour étudier l’évolution de tous les arbres et déduire des choses nouvelles, notamment leur évolution et leur bien-être pour mettre à jour les données. Si cette étude était réalisée manuellement, il se pourrait que la personne en charge du suivi ne soit pas la même d’une année à l’autre. Avec Greehill, les jumeaux numériques seront toujours les mêmes, cela permet exactitude et rigueur dans le temps », fait remarquer le responsable de service.

Si la prise de données est très rapide, son traitement est plus long et complexe. « Il faut des semaines, voire des mois, avant de livrer à la Direction de l’Aménagement urbain la totalité des outils. Derrière tout cela, il y a du boulot! », conclut Pascal Goubier.

Des outils révolutionnaires

Les arbres dans les villes fournissent de nombreux services écosystémiques, comme la réduction de la pollution de l’air grâce à l’absorption du carbone, la régulation de la température grâce à la création de vapeur, la conservation de l’eau et la création d’habitats pour la faune. Ils contribuent également à la beauté et à la qualité de vie des espaces urbains.

Pour œuvrer, Greehill fonctionne à l’aide de trois technologies. D’abord le Lidar. Il s’agit d’un radar envoyant des ondes à 360 degrés sur 400 m de distance à la vitesse d’1 million de points par seconde. En scannant un arbre, Lidar est capable de le reproduire en 3d avec toutes ses composantes externes (feuilles, branches et tronc). C’est un « jumeau numérique ».

Vient ensuite une imagerie 360° très haute définition, semblable à Google street view, avec une résolution cinq fois plus élevée. Cela permet de voir une écorce en mauvais état, un trou de pivert…

Le dernier outil est l’imagerie satellite à très haute précision. Grâce au jumeau numérique, il est possible de repérer un arbre depuis une image satellite au pixel près en connaissant parfaitement sa position.

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