La prostitution est autorisée à Monaco et l’enquête a montré que l’établissement et ses salariés n’avaient pas été actifs dans le recrutement des prostituées et que l’équilibre financier du Sass’Café ne dépendait pas de leur commerce, a reconnu l’avocate générale.
« Une réalité monégasque »
Mais lorsque des prostituées à la recherche de clients fortunés venaient dîner, la direction avait établi un protocole : elles étaient signalées par la lettre T pour « travailleuses » sur le logiciel de réservation, soumises à des quotas et à « un tri sélectif » en fonction de leur allure, de leur élocution ou encore de leur odeur.
« Si c’étaient des clientes comme les autres, pourquoi les référencer ? », si ce n’est pour « s’assurer d’avoir des bonnes gagneuses », a demandé l’avocate générale, en dénonçant « une politique institutionnalisée » allant « au-delà de la tolérance ». « Quand on fait un tri, quand on gère une jauge, on est dans l’organisation », a-t-elle insisté.
À l’audience mercredi, Samuel Treves, patron de l’établissement, et son ancien gérant Pascal Cotillon avaient assuré qu’il s’agissait seulement de réguler « une réalité monégasque ». Même si désormais, les prostituées ne sont plus les bienvenues dans l’établissement. Le parquet a requis un an de prison contre les deux hommes, et contre un ancien portier qui a reconnu qu’il recevait des pourboires spécifiques -mais interdits par la direction- de la part des prostituées qu’il faisait entrer.
La magistrate a aussi requis quatre mois de prison contre une ancienne hôtesse d’accueil et neuf mois contre un autre ancien portier, dont l’enquête a montré qu’ils ont aussi touché des pourboires spécifiques même s’ils s’en défendent. Elle a également requis 200 000 euros d’amende contre l’établissement et l’affichage du jugement à l’entrée pendant trois mois.
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